Quelles seront les réponses des États-Unis et de l'Europe face aux pressions d'Ali Khamenei ?
Quelles seront les réponses des États-Unis et de l'Europe face aux pressions d'Ali Khamenei ? ©AFP - AFP PHOTO / HO / IRAN'S SUPREME LEADER
Quelles seront les réponses des États-Unis et de l'Europe face aux pressions d'Ali Khamenei ? ©AFP - AFP PHOTO / HO / IRAN'S SUPREME LEADER
Quelles seront les réponses des États-Unis et de l'Europe face aux pressions d'Ali Khamenei ? ©AFP - AFP PHOTO / HO / IRAN'S SUPREME LEADER
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Téhéran place ses pions contre la nouvelle administration du président démocrate, alors que l'Europe, sur le dossier nucléaire, compte bien faire entendre sa voix.

Avec
  • Annick Cizel Enseignante-chercheuse spécialiste de politique étrangère américaine à l’Université Sorbonne Nouvelle - Paris 3.
  • Cyrille Bret maître de conférences à Sciences Po Paris et co-auteur du blog EurAsiaProspective.net.
  • Clément Therme Chargé de cours à l’université Paul-Valery de Montpellier
  • Benjamin Hautecouverture Maître de recherches à la Fondation pour la recherche stratégique

C’est le premier dossier que doit traiter la nouvelle administration Biden sur le plan international, celui aussi où les intérêts de l’Europe et des Etats-Unis concordent pleinement : l’Iran et son programme nucléaire. 

Escalade des tensions

Il y a trois semaines, Téhéran annonçait une production d’uranium enrichi raccourcissant le délai de fabrication d’une bombe nucléaire et dépassant le seuil prévu par l’accord de 2015 – un accord signé de conserve par les membres du Conseil de Sécurité dont la France, l’Allemagne et le Royaume Uni, dénoncé en 2018 par Donald Trump, qui déclenchait aussitôt une bordée de sanctions commerciales pour étrangler le régime. 

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Tandis que les Européens tentaient tant bien que mal de maintenir à flot l’accord nucléaire, l’escalade des tensions et des accrochages s’accélérait entre Washington et ses alliés moyen-orientaux d’un côté, Téhéran et ses affidés de l’autre, au bénéfice des plus durs des ayatollahs et au détriment d’une population appauvrie, durement frappée par la Covid-19. 

Mardi dernier, le nouveau secrétaire d’état américain Anthony Blinken se disait prêt à revenir dans l’accord à condition que Téhéran respecte ses engagements. Hier son homologue iranien Mohammad Zarif appelait à une levée des sanctions sans conditions. Cet ultimatum iranien, à la fois diplomatique et nucléaire, va-t-il convaincre ou freiner Joe Biden ? Quelle est sa marge de manoeuvre par rapport au Congrès, mais aussi par rapport à Israël et à l’Arabie Saoudite ? 

Comment l’Europe peut-elle peser et affirmer son rôle d’intermédiaire en fonction de ses propres intérêts ? Au sein même du régime iranien, quels rapports de force entre conservateurs et modérés ? Est-il possible d’élargir le champ des négociations pour mieux stabiliser une région toujours agitée et ensanglantée par les ambitions rivales des états et des mouvements armés qu’ils financent ?

Christine Ockrent reçoit : 

Annick Cizel, enseignante-chercheuse spécialiste de politique étrangère américaine à l’Université Sorbonne Nouvelle - Paris 3, participe à l’ouvrage de Lélia Rousselet, “Négocier l'atome : les Etats-Unis et les négociations de l'accord sur le nucléaire iranien" (L’Harmattan, 2017)

Clément Therme, chercheur post doctorant au CERI à Sciences Po Paris, auteur de "L’Iran et ses rivaux : entre nation et révolution" (Passés Composés, 2020) et co-directeur du dossier de la revue Confluence Méditerranée intitulé « L’Iran en quête d’équilibre », sorti à l’été 2020

Cyrille Bret, maître de conférences en géopolitique à Sciences Po Paris, auteur de « Dix attentats qui ont changé notre monde : comprendre le terrorisme au XXIe siècle » (Armand Colin, septembre 2020)

Benjamin Hautecouverture, maître de recherches à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS), auteur de plusieurs articles au printemps 2020 dans la collection “Notes” de la FRS sur la question nucléaire.