Joe Biden prononce un discours sur l'invasion militaire de l'Ukraine par la Russie dans la salle Est de la Maison Blanche, le 24 février 2022 à Washington, DC.
Joe Biden prononce un discours sur l'invasion militaire de l'Ukraine par la Russie dans la salle Est de la Maison Blanche, le 24 février 2022 à Washington, DC.
Joe Biden prononce un discours sur l'invasion militaire de l'Ukraine par la Russie dans la salle Est de la Maison Blanche, le 24 février 2022 à Washington, DC. ©AFP - Drew Angerer / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP
Joe Biden prononce un discours sur l'invasion militaire de l'Ukraine par la Russie dans la salle Est de la Maison Blanche, le 24 février 2022 à Washington, DC. ©AFP - Drew Angerer / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP
Joe Biden prononce un discours sur l'invasion militaire de l'Ukraine par la Russie dans la salle Est de la Maison Blanche, le 24 février 2022 à Washington, DC. ©AFP - Drew Angerer / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP
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Résumé

Le président américain multiplie les annonces et les sanctions face à la Russie, tout en ménageant les intérêts des États-Unis. À quelques jours de son discours sur l'état de l'Union, comment se place le leader de la première puissance mondiale face au conflit en Ukraine ?

avec :

Michel Duclos (Ancien ambassadeur de France en Syrie, conseiller spécial à l’Institut Montaigne), Tatiana Kastouéva-Jean (Directrice du Centre Russie/Nouveaux états indépendants de l'Ifri), Laurence Nardon (Responsable du programme Amérique du Nord de l’Ifri, productrice du podcast hebdomadaire "New Deal" sur Slate), Corentin Sellin (Professeur agrégé d'histoire CPGE (classes préparatoires aux grandes écoles), spécialiste des Etats-Unis).

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La guerre en Europe, la guerre sous nos yeux, la guerre en direct. En moins de trois jours, Vladimir Poutine a pris l’Ukraine dans ses griffes, niant l’existence d’un pays indépendant, précipitant dans la mort ou l’exode des millions d’Ukrainiens, déroulant le plan qu’avaient très précisément décrit les services de renseignements américains au risque d’être taxés d’alarmisme. 

Paradoxe éclatant et navrant de ce moment bascule de notre époque : la première puissance militaire du monde, les États-Unis, l’Alliance Atlantique, l’Union Européenne, le G7, le bloc occidental le mieux armé et le plus riche de la planète, condamnés, par les règles d’un jeu de dissuasion fracassé par la Russie, à la laisser faire. 

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Fracas européen

Le président des États-Unis et ses alliés occidentaux n’ont d’autre choix, depuis deux jours, que de multiplier les protestations verbales et d’annoncer des sanctions économiques massives dont le Kremlin se soucie comme d’une guigne. Qui ira mourir pour Kiev, qui risquera l’embrasement nucléaire d’un conflit total ? 

Emmanuel Macron s’efforce de maintenir un canal diplomatique avec Vladimir Poutine, Joe Biden, lui, doit opérer sur deux fronts à la fois. Mardi prochain 1er mars, devant les membres du Congrès réunis à Washington, il doit prononcer son discours sur l’état de l’Union – la déclaration annuelle de politique générale intervient traditionnellement fin janvier, mais le Covid et l’embouteillage législatif ont retardé l’exercice. 

Le président russe nargue son homologue américain au moment où ce dernier est affaibli, il le sait. A huit mois des élections de mi-mandat, une popularité en berne, une opposition républicaine déterminée à torpiller les ambitions sociales de l’administration, une lassitude générale au bout d’une pandémie meurtrière, une société américaine aux multiples fractures et l’arrière goût amer du départ raté d’Afghanistan. 

Comment le fracas européen s’inscrit-il dans un tel contexte politique et économique ? Donald Trump applaudit au génie de Vladimir Poutine, le parti républicain se divise. En déclenchant une salve de sanctions graduées contre Moscou tout en ménageant les intérêts économiques américains, Joe Biden peut-il en espérer un gain politique ? 

Comme ses prédécesseurs, le président américain voulait se détourner de l’Europe et se consacrer au duel avec la Chine. Le voilà contraint de pivoter vers l’Ouest. Le Kremlin a revitalisé l’Alliance Atlantique et cimenté l’Union Européenne. Les démocraties sont-elles vouées à perdre face aux autocraties ?

Références

L'équipe

Luc-Jean Reynaud
Réalisation
Hugo Boursier
Collaboration