Un camp de migrants déserté à la frontière biélorusse-polonaise dans la région de Grodno, le 18 novembre 2021. ©AFP - Leonid SHCHEGLOV / BELTA
Un camp de migrants déserté à la frontière biélorusse-polonaise dans la région de Grodno, le 18 novembre 2021. ©AFP - Leonid SHCHEGLOV / BELTA
Un camp de migrants déserté à la frontière biélorusse-polonaise dans la région de Grodno, le 18 novembre 2021. ©AFP - Leonid SHCHEGLOV / BELTA
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Résumé

Quelle position peut avoir la diplomatie européenne face à Vladimir Poutine, alors que la situation humanitaire à la frontière polonaise se dégrade jour après jour ?

avec :

François Heisbourg (Conseiller spécial à l’ISS (International Institute for Strategic Studies), conseiller spécial du président de la Fondation pour la recherche stratégique (FRS)), Tatiana Kastouéva-Jean (Directrice du Centre Russie/Nouveaux états indépendants de l'Ifri), Alexandra Goujon (maîtresse de conférences à l’université de Bourgogne, rattachée au Centre de recherche et d’étude en droit et science politique (Credespo), spécialiste de la Biélorussie), Luuk Van Middelaar (Historien et philosophe, titulaire de la Chaire Valeurs européennes à l’Université catholique de Louvain (UCL), Auteur du Passage to Europe (Yale UP, Gallimard etc.). Editorialiste @nrc @tijd. Prof Univ Leiden and Louvain-la-Neuve.).

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C’est un échiquier sur lequel se jouent plusieurs parties à la fois, un échiquier aussi vaste que l’espace géographique situé entre nos démocraties, à l’ouest du continent, et cette Russie qui ne cesse de se penser comme un empire. Un échiquier dont les pions sont des êtres humains, des femmes, des hommes, des enfants, ces migrants venus du Moyen Orient, attirés aux frontières polonaises et baltes par un dictateur biélorusse qui veut se venger des sanctions imposées par Bruxelles. 

Amorcer la désescalade 

A la manœuvre, un grand maître du noble jeu d’échecs, Vladimir Poutine. Reclus dans sa datcha pour cause de Covid, le président russe manie aussi ses propres pions, des soldats et des armes cette fois, aux abords d’une autre frontière, celle de l’Ukraine, pesant de tout son poids sur les fragilités de Kiev. Jusqu’à quel point les deux crises, biélorusse et ukrainienne, sont-elles liées ? Que fait l’Europe ou plutôt que peut faire une Union Européenne divisée sur la perception même du danger, sur le rôle de l’OTAN, et plus encore sur la question migratoire ? 

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Angela Merkel livre là son dernier baroud d’honneur, parlant plusieurs fois ces derniers jours à Vladimir Poutine et même directement, mercredi dernier, à Loukachenko. Le Biélorusse, qui ne veut en aucun cas garder des migrants chez lui et organise maintenant leur rapatriement, a-t-il gagné la partie ? 

L’Ukraine réclame des armes aux Occidentaux, le Kremlin les accuse d’aggraver les tensions. Le gaz russe, qui nous alimente, transite par ces deux pays. Plusieurs centaines de migrants sont toujours acculés aux frontières. Faut-il là aussi construire des murs, Bruxelles doit-elle les accepter, les financer, comme le réclament la Pologne et les pays baltes ? Voilà notre continent en proie à un conflit hybride, échappant de plus en plus aux schémas traditionnels. Comment amorcer ou accélérer la désescalade, comment mieux assurer la sécurité de l’Europe ?

Références

L'équipe

Luc-Jean Reynaud
Réalisation
Hugo Boursier
Collaboration