Qui gagnera la course au vaccin ?
Qui gagnera la course au vaccin ?
Qui gagnera la course au vaccin ? ©AFP - ANDREW CABALLERO-REYNOLDS
Qui gagnera la course au vaccin ? ©AFP - ANDREW CABALLERO-REYNOLDS
Qui gagnera la course au vaccin ? ©AFP - ANDREW CABALLERO-REYNOLDS
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Résumé

Alors que la Covid-19 a fait plus d'un million de morts dans le monde, la pression monte pour enfin obtenir un vaccin. La Big Pharma travaille sans relâche, bien aidée par les gouvernements qui ouvrent des budgets de plus en plus conséquents.

avec :

Gaël Coron (Enseignant-chercheur à l’Ecole des Hautes études en santé publique, directeur de l'ouvrage "L’Europe de la santé" (Hygée éditions)), Konstantin Von Eggert (Journaliste russe, ancien rédacteur en chef du bureau de Moscou à la BBC), Gaspard Estrada (directeur exécutif de l'OPALC, l’Observatoire politique de l'Amérique latine et des Caraïbes - Sciences Po.), Benjamin Coriat (Économiste, professeur émérite de sciences économiques à l’Université Paris XIII et membre du CA du collectif des Économistes Atterrés), Stéphanie Balme (professeure à Sciences Po / PSIA (Paris School of International Affairs), directrice de recherche au CERI et doyenne du Collège universitaire), Marie-Paule Kieny (Vaccinologue, directrice de recherche à l’INSERM et présidente du comité vaccin Covid-19).

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Le coronavirus a déjà fait plus d’un million de morts, accablé la planète entière et son vaccin, tant attendu, doit être considéré comme un bien commun de l’humanité. C'est ce que répètent à l’envi tous les dirigeants, du président français au Secrétaire général des Nations Unies en passant par le chinois Xi Jinping et le russe Vladimir Poutine – Donald Trump, testé positif jeudi soir et désormais en quarantaine, n’utilise pas le même vocabulaire, mais les grands groupes pharmaceutiques, américains pour la plupart, l’affirment tout autant. 

Spoutnik 5 et Big Pharma 

Jamais en matière de santé publique l’angoisse n’a été aussi partagée, jamais les moyens financiers consacrés à la recherche n’ont été aussi considérables, jamais les pressions pour en accélérer le processus n’ont été aussi manifestes. Jamais, non plus, les enjeux n’ont été aussi évidents – enjeux sanitaires, bien sûr, mais aussi économiques, sociétaux et évidemment politiques. 

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Voilà des mois que la course est lancée. La Chine va-t-elle l’emporter, elle qui est à l’origine de la pandémie et dont le régime s’efforce depuis de convaincre le monde que son modèle est le meilleur ? Le vaccin russe s’appelle Spoutnik 5, tant Vladimir Poutine veut humilier l’Amérique comme l’Union Soviétique l’avait fait dans l’espace. Où en sont les Big Pharma, les grands groupes occidentaux qui mènent en parallèle, selon des méthodes différentes, plusieurs projets dont certains en phase d’expérimentation humaine ? Pourquoi le Brésil est-il le pays où sont menés les tests les plus nombreux ? Comment garantir l’accès au vaccin pour les pays pauvres? Que fait l’Europe ? Quel calendrier espérer : trois semaines, comme le souhaite Donald Trump, trois mois, six mois, deux ans avant de pouvoir se faire vacciner ?

Marie-Paule Kieny, virologue, ancienne directrice générale à l'OMS, directrice de recherche à l'Inserm et présidente du comité vaccin Covid-19, Stéphanie Balme, professeure à PSIA (Paris School of International Affairs), directrice de recherches au CERI, autrice de « Chine, les visages de la justice ordinaire : entre faits et droit alerte » (Presses de Sciences Po, 2016) et d’un article intitulé « Un rêve d'hyperpuissance scientifique » en mars dernier, Gaël Coron, enseignant-chercheur à l’École des hautes études en santé publique (EHESP), auteur de « L’Europe de la santé : Enjeux et pratiques des politiques publiques » (Presses de l’EHESP, janvier 2018), Benjamin Coriat, économiste, professeur émérite de sciences économiques à l’Université Paris XIII et membre des Économistes Atterrés, « La pandémie, l'anthropocène et le bien commun » (Les Liens qui libèrent, à paraître le 4 novembre prochain), Gaspard Estrada, directeur de l’Observatoire politique de l’Amérique latine et des Caraïbes à Sciences Po et Konstantin Von Eggert, ancien rédacteur en chef du bureau de Moscou à la BBC.