Des manifestants pro-choix chantent devant la barrière infranchissable qui entoure la Cour suprême des États-Unis à Washington, DC, le 5 mai 2022.
Des manifestants pro-choix chantent devant la barrière infranchissable qui entoure la Cour suprême des États-Unis à Washington, DC, le 5 mai 2022.
Des manifestants pro-choix chantent devant la barrière infranchissable qui entoure la Cour suprême des États-Unis à Washington, DC, le 5 mai 2022. ©AFP - Jim WATSON
Des manifestants pro-choix chantent devant la barrière infranchissable qui entoure la Cour suprême des États-Unis à Washington, DC, le 5 mai 2022. ©AFP - Jim WATSON
Des manifestants pro-choix chantent devant la barrière infranchissable qui entoure la Cour suprême des États-Unis à Washington, DC, le 5 mai 2022. ©AFP - Jim WATSON
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Résumé

La moitié des états de la fédération pourraient interdire ou restreindre plus encore l’accès à l’avortement. Comment réagit l’opinion publique ?

avec :

Romain Huret (Historien des Etats-Unis, directeur d'études à l'EHESS), Laurence Nardon (Responsable du programme Amérique du Nord de l’Ifri, productrice du podcast hebdomadaire "New Deal" sur Slate), Anne Deysine (professeure émérite de droit et de civilisation américaine à l’Université Paris-Nanterre).

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Aux États-Unis depuis le début de la semaine, ce n’est plus tant la guerre en Ukraine qui domine le débat politique et médiatique, c’est une autre bataille qui déchaîne à nouveau les passions et creuse un peu plus encore, aux dépens des femmes, les fractures politiques et culturelles du pays.

Fuite majeure

La Cour suprême, la clé de voûte des institutions forgées par une Constitution pratiquement intacte depuis la fin du XVIIIe siècle, la Cour suprême s’apprête donc à remettre en cause le droit à l’interruption volontaire de grossesse – un droit accordé depuis 1973 au niveau fédéral par son célèbre arrêt Roe vs Wade, et non par une loi comme en France.

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La publication lundi 2 mai par Politico d’un document de 98 pages signé Samuel Alito, l’un des neuf juges de la Cour, a littéralement fait l’effet d’une bombe : il s’agit de l’ébauche d’un avis qui accorderait à chaque état le droit de légiférer en la matière, et il s’agit aussi, pour la première fois dans son histoire, d’une fuite majeure, d’une brèche dans les murs épais du grand temple du droit.

À six mois des élections de mi-mandat, où l’administration Biden et le parti démocrate sont en mauvaise posture, voilà qui ravive le combat politique, même si les républicains, pour le moment, semblent plutôt embarrassés. Le débat fait rage à nouveau entre les défenseurs d’un droit chèrement acquis depuis un demi-siècle et la minorité agissante, chrétienne et ultraconservatrice, qui n’a eu de cesse de le remettre en cause, trouvant en Donald Trump un champion improbable.

En nommant à la Cour suprême trois juges à l’agenda idéologique évident, il a réussi à politiser l’institution à leur avantage, mais aussi une bonne partie de l’appareil judiciaire. Que signifie cette évolution pour le fonctionnement même des institutions américaines ? La moitié des états de la fédération pourraient interdire ou restreindre plus encore l’accès à l’avortement. Toutes les femmes, mais surtout les plus pauvres, sont concernées. Comment réagit l’opinion publique ? D’autres droits acquis sont-ils menacés ? Quel impact au niveau social, ethnique, culturel, quelles conséquences sur les élections de novembre prochain ?

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