L'Australie a préféré les sous-marins nucléaires américains, comme le Virginia ci-dessus, au détriment de ceux proposés par le groupe français Naval. ©AFP - HO / US NAVY
L'Australie a préféré les sous-marins nucléaires américains, comme le Virginia ci-dessus, au détriment de ceux proposés par le groupe français Naval. ©AFP - HO / US NAVY
L'Australie a préféré les sous-marins nucléaires américains, comme le Virginia ci-dessus, au détriment de ceux proposés par le groupe français Naval. ©AFP - HO / US NAVY
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Résumé

Derrière la rupture du contrat des sous-marins entre l'Australie et la France, il y a cette zone, l'Indo-Pacifique, qui concentre des enjeux géopolitiques cruciaux.

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La cicatrisation sera lente mais la fracture est résorbée. Paris et Washington ont renoué avec les usages de la diplomatie depuis la conversation téléphonique de mercredi dernier entre Emmanuel Macron et Joe Biden et la rencontre de leurs ministres des affaires étrangères jeudi en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies à New York. Boris Johnson cherche aussi la réconciliation. A nous d’élargir notre vocabulaire : l’AUKUS et le QUAD - tels sont les nouveaux acronymes désignant désormais les alliances qui creusent un peu plus encore les fractures géopolitiques contemporaines. 

Immense espace maritime 

A la manœuvre, les Etats-Unis qui resserrent leur protectorat militaire avec l’Australie et le Royaume-Uni d’un côté, et qui, de l’autre, formalisent, avec une première réunion hier, un dialogue étroit avec l’Inde, le Japon et l’Australie sur les questions de sécurité au sens large. En jeu, cet immense espace maritime désormais appelé l’Indo-Pacifique, théâtre de la confrontation désormais inévitable entre la Chine et les puissances regroupées sous ombrelle américaine, à commencer par Taïwan. 

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La France en est exclue, c’est une déception, sinon un échec : la stratégie d’une troisième voie s’appuyant sur une projection navale et militaire aux moyens limités apparaît au mieux comme un complément, et l’Europe, une fois de plus, à l’exception du Royaume Uni, se voit signifier sa marginalisation. 

Comment comprendre ces enjeux qui bousculent une cartographie qui, depuis Mercator au 16ème siècle, plaçait notre continent au centre du monde ? Quels ajustements, quel consensus à trouver ou à consolider avec l’Allemagne et d’autres partenaires européens pour construire une indépendance stratégique au moment où l’Alliance Atlantique paraît déboussolée ? 

Pour quelles raisons l’Australie, le Japon et même l’Inde affichent-ils ainsi une telle proximité avec Washington, quelles conséquences dans le monde asiatique ? Et quelles réactions attendre de Pékin ?

Christine Ockrent reçoit Bruno Tertrais, directeur adjoint de la FRS, auteur d'un "Atlas des frontières : murs, conflits, migrations" (Les Arènes, 2021)

Claudia Major, senior Associate au German Institute for International and Security Affairs

Isabelle Saint-Mézard, chercheuse associée au centre Asie de l'Ifri, autrice d'un "Atlas de l'Inde : une nouvelle puissance mondiale" (Autrement, 2016)

Romain Fathi, maître  de conférence en histoire à l’Université Flinders, à Adelaïde  (Australie) et chercheur associé au Centre d’Histoire de Sciences-Po  Paris 

Références

L'équipe

Christine Ockrent
Christine Ockrent
Luc-Jean Reynaud
Réalisation
Hugo Boursier
Collaboration