Un sportif court avec la torche olympique lors du relais de la flamme des Jeux Olympiques de Tokyo à Numazu, préfecture de Shizuoka, le 24 juin 2021
Un sportif court avec la torche olympique lors du relais de la flamme des Jeux Olympiques de Tokyo à Numazu, préfecture de Shizuoka, le 24 juin 2021
Un sportif court avec la torche olympique lors du relais de la flamme des Jeux Olympiques de Tokyo à Numazu, préfecture de Shizuoka, le 24 juin 2021 ©AFP - Kazuhiro NOGI
Un sportif court avec la torche olympique lors du relais de la flamme des Jeux Olympiques de Tokyo à Numazu, préfecture de Shizuoka, le 24 juin 2021 ©AFP - Kazuhiro NOGI
Un sportif court avec la torche olympique lors du relais de la flamme des Jeux Olympiques de Tokyo à Numazu, préfecture de Shizuoka, le 24 juin 2021 ©AFP - Kazuhiro NOGI
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Résumé

Reportés d'un an à cause de la crise sanitaire, les Jeux Olympiques débutent au Japon le 23 juillet prochain.

avec :

Philippe Mossé (Auteur), Carole Gomez (Directrice de recherche à l’Iris, spécialiste du sport dans les relations internationales, co-auteure du rapport "quand le foot s’accorde au féminin"), Jean-Joseph Boillot (Professeur agrégé de sciences sociales et docteur en économie, chercheur à l'IRIS spécialiste des grands pays émergents), Valérie Niquet (Responsable du pôle Asie à la Fondation pour la Recherche Stratégique).

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Tokyo 2020. Le slogan était lancé depuis 2013, depuis l’obtention de l’organisation des Jeux olympiques et paralympiques d’été, et le Japon s’y préparait avec ardeur et fierté. Quitte à investir quelque 13 milliards d'euros dans les infrastructures et la communication, il s’agissait de montrer au monde que le Japon est de retour, qu’il n’a pas disparu dans l’ombre portée de la Chine, et surtout que le traumatisme de la catastrophe de Fukushima est surmonté. 

Le grand spectacle du sport 

Seulement voilà, en 2020 la pandémie s’est abattue sur la planète, contraignant à décaler d’un an le calendrier des Jeux et plongeant les Japonais dans des affres imprévues. Fallait-il les maintenir ou pas, autoriser ou non le tourisme olympique, l’arrivée des étrangers dans l’archipel, la présence de spectateurs dans les stades ?  Le gouvernement japonais a navigué à vue, tant dans ses réponses aux pressions incessantes du Comité International Olympique que dans sa gestion de la Covid 19.  

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Retard dans les campagnes de vaccination, inadaptation du système sanitaire, inquiétude croissante de la population – à moins d’un mois maintenant de la cérémonie d’ouverture des JO, les 2/3 des Japonais sont hostiles à leur tenue tout en s’y résignant. 

Les mesures de précaution s’annoncent drastiques : aucun étranger autorisé à part les quelque 90.000 athlètes et organisateurs enfermés dans le village olympique, une jauge limitant le nombre de spectateurs japonais dans les stades, réservés sans doute aux résidents des localités concernées. 

Quels risques pour un gouvernement qui privilégie ainsi le prestige du pays plutôt que la santé publique ? Quels enjeux en termes d’image, mais aussi d’innovation, de technologies face au grand voisin chinois ? Pourquoi une telle insistance des autorités internationales olympiques à maintenir les épreuves coûte que coûte, quelles conséquences, quels risques pour les athlètes qui se sont partout entraînés dans des circonstances difficiles ? Le grand spectacle du sport, mais aussi son business, sont-ils en train de changer de nature sous l’impact de la pandémie ?

Christine Ockrent reçoit Carole Gomez, directrice de recherche à l’Institut des Relations Internationales et Stratégiques, co-autrice d’un rapport intitulé « Sport mondialisé : les défis de la gouvernance », disponible sur le site de l’Iris 

Valérie Niquet, responsable du pôle Asie à la Fondation pour la Recherche Stratégique, autrice de « Le Japon en 100 questions : un modèle en déclin ? » (Tallandier, janvier 2020)

Jean-Joseph Boillot, chercheur associé à l’Iris, auteur de “Utopies made in monde : le sage et l’économiste” (Odile Jacob, 2021)

Philippe Mossé, économiste, directeur de recherche CNRS émérite, membre du Laboratoire d'économie et de sociologie du travail, auteur de « Une économie politique de l’hôpital » (L’Harmattan, novembre 2018)