Navalny, Biélorussie : la méthode Poutine

L'empoisonnement d'Alexeï Navalny est-il un signe de faiblesse du régime de Poutine ?
L'empoisonnement d'Alexeï Navalny est-il un signe de faiblesse du régime de Poutine ?  ©AFP - Armend Nimani
L'empoisonnement d'Alexeï Navalny est-il un signe de faiblesse du régime de Poutine ? ©AFP - Armend Nimani
L'empoisonnement d'Alexeï Navalny est-il un signe de faiblesse du régime de Poutine ? ©AFP - Armend Nimani
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En Russie, la longue liste des opposants empoisonnés s'est allongée avec le cas, emblématique, d'Alexeï Navalny la semaine dernière. Alors que l'avocat et activiste est toujours en soins intensifs à Berlin, comment interpréter cette tentative d'assassinat à l'aune de la "méthode Poutine" ?

Avec
  • Igor Iourgens directeur de l’Institut de développement contemporain
  • Tatiana Kastouéva-Jean Directrice du Centre Russie/Nouveaux états indépendants de l'Ifri
  • Andreï Kozovoï Professeur à l'Université de Lille
  • Anna Colin Lebedev Maîtresse de conférences à Paris Nanterre, spécialiste de l'Ukraine et de la Russie post-soviétique
  • Daniela Schwarzer Directrice exécutive pour l’Europe et l’Eurasie de l’Open Society et Membre du Conseil d'administration de l'Institut Jacques Delors

On ignore encore la gravité des séquelles neurologiques, mais le fait est acquis : Alexeï Navalny a bien été empoisonné. Le principal opposant russe à Vladimir Poutine, le plus emblématique, est toujours sous traitement à Berlin. 

Dimension politique 

Les médecins ont identifié le poison : le Novitchok, une substance appréciée des services russes depuis les années soviétiques. Navalny a bien été victime d’un crime, a solennellement déclaré Angela Merkel mercredi dernier, de très graves questions se posent à présent auxquelles seul le gouvernement russe peut et doit répondre, a ajouté la Chancelière, aussitôt appuyée par Paris et les autres capitales occidentales comme par les dirigeants de l’Union Européenne et de l’OTAN. 

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Aucune raison d’accuser l’Etat russe, a répliqué le porte-parole du Kremlin, tout en indiquant que Moscou était prêt au dialogue avec Berlin et les Européens. A une semaine des élections locales qui doivent intervenir dans une partie du pays, à un an des législatives, l’affaire Navalny a beau rappeler l’affaire Skripal, cet ancien agent russe et sa fille empoisonnés de la même manière en Angleterre en 2018, la dimension politique est d’une tout autre importance. 

Qui a voulu éliminer Navalny, dans quel but ? Est-ce un signe de fébrilité de la part d’un système affaibli qui ne contrôle plus les siens ? Pourquoi de telles méthodes ? Peut-on imaginer que le Kremlin sorte du déni ? Jamais Angela Merkel et les Européens ne l’ont aussi directement mis en cause. Le gaz russe servira-t-il de levier ? Au même moment, une autre crise en Biélorussie embarrasse Moscou et, dans une moindre mesure, les dirigeants occidentaux. Y a-t-il un lien ? Le premier ministre russe était à Minsk jeudi, de nouvelles manifestations de masse sont prévues ce week-end

Tatiana Kastoueva-Jean, directrice du centre Russie/Nouveaux États Indépendants à l’IFRI, autrice de « La Russie de Poutine en 100 questions », dont la réédition vient de paraître chez Tallandier, Anna Colin Lebedev, maîtresse de conférences à l’Université Paris-Nanterre, spécialiste des sociétés post-soviétiques, Daniela Schwarzer, directrice de l'Institut allemand de politique étrangère » (DGAP), Andreï Kozovoï  historien, maître de conférences à l’Université de Lille, auteur de « Les services secrets russes : Des tsars à Poutine » (Tallandier, 2020) et Igor Iourgens, directeur de l’Institut de développement contemporain

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