Avoir une Cour suprême à majorité conservatrice : le dernier joker de Donald  Trump avant les élections
Avoir une Cour suprême à majorité conservatrice : le dernier joker de Donald  Trump avant les élections  ©AFP - Mandel Ngan
Avoir une Cour suprême à majorité conservatrice : le dernier joker de Donald Trump avant les élections ©AFP - Mandel Ngan
Avoir une Cour suprême à majorité conservatrice : le dernier joker de Donald Trump avant les élections ©AFP - Mandel Ngan
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Plus haute instance judiciaire américaine, la Cour suprême a le pouvoir de transformer durablement la société américaine, tout comme les élections, en pouvant arbitrer un scrutin en cas de litige. Un précieux atout pour Donald Trump si Ruth Bader Ginsburg est remplacée par un conservateur…

Avec
  • Gérard Araud Ancien ambassadeur de France aux Etats-Unis
  • Anne Deysine professeure émérite de droit et de civilisation américaine à l’Université Paris-Nanterre
  • Denis Lacorne politiste, directeur de recherche au Centre de Recherches Internationales (CERI) de Sciences Po. Auteur notamment de Les Frontières de la tolérance, Gallimard, 2016.

C’est un moment charnière de cette campagne présidentielle américaine qui tient le monde en haleine : le premier duel télévisé entre Donald Trump et Joe Biden aura lieu mardi prochain, et tout à l’heure, depuis la Maison Blanche, Donald Trump annoncera l’identité de sa candidate pour remplacer à la Cour Suprême Ruth Bader Ginsberg. 

Maîtrise du récit 

La mort à 87 ans de ce petit bout de femme, icône du droit et du féminisme bien compris, complique la tâche du camp démocrate dont elle promouvait les idéaux au sein de la plus haute instance des institutions américaines. Voilà le président en exercice, dont elle dénonçait l’incurie malgré les usages, sur le point de nommer pour la 3ème fois une personnalité conservatrice qui infléchira durablement la jurisprudence sur tous les sujets sociétaux. Voilà le candidat qui utilise le privilège de sa fonction pour reprendre la main et la maîtrise du récit, son exercice favori, lui qui sait à merveille imposer les titres, le rythme du cycle médiatique et qui exclut, s’il est battu, un transfert apaisé du pouvoir. 

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Que devient alors la marge de manoeuvre de Joe Biden, qui doit satisfaire à la fois le centre et la gauche de son camp tout en prouvant qu’il a l’énergie malgré son âge de résister à la brutalité de son adversaire ? Quels scénarios avant et surtout après le 3 novembre dans un système électoral si complexe, différent d’un état à l’autre, et dans un tel climat de divisions, de haine et de violences urbaines ?  

Anne Deysine, spécialiste des questions politiques et juridiques aux Etats-Unis, professeur à l’université Paris Ouest Nanterre, autrice d'un récent article publié sur The Conversation, et dans la revue Droit et société, et du livre "Les Etats-Unis et la démocratie" (L’Harmattan, 2019), Denis Lacorne, politiste, spécialiste de l’histoire politique des États-Unis, directeur de recherche au Centre de Recherches Internationales (CERI) de Sciences Po. Auteur notamment de "Tous milliardaires ! Le rêve française de la Sillicon Valley" (Fayard, 2019), Gérard Araud, ambassadeur de France aux Etats-Unis de 2014 à 2019 et auteur de "Passeport diplomatique : quarante ans au Quai d'Orsay" (Grasset, 2019).