Le président turc Recep Tayyip Erdogan ouvre les pourparlers ukraino-russes, à Istanbul, le 29 mars 2022.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan ouvre les pourparlers ukraino-russes, à Istanbul, le 29 mars 2022.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan ouvre les pourparlers ukraino-russes, à Istanbul, le 29 mars 2022. ©AFP - UKRAINIAN PRESIDENTIAL PRESS SERVICE / AFP
Le président turc Recep Tayyip Erdogan ouvre les pourparlers ukraino-russes, à Istanbul, le 29 mars 2022. ©AFP - UKRAINIAN PRESIDENTIAL PRESS SERVICE / AFP
Le président turc Recep Tayyip Erdogan ouvre les pourparlers ukraino-russes, à Istanbul, le 29 mars 2022. ©AFP - UKRAINIAN PRESIDENTIAL PRESS SERVICE / AFP
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Résumé

Alors que le pays a organisé à deux reprises des négociations entre Kyiv et Moscou, quelle est la marge d’action du président Erdogan ? Son jeu d’équilibrisme peut-il durer ?

avec :

Dorothée Schmid (Chercheuse, responsable du programme Turquie contemporaine et Moyen-Orient de l'IFRI), Marc Pierini (ancien ambassadeur de l’Union Européenne en Turquie, de 2006 à 2011, chercheur à Carnegie Europe à Bruxelles.), Bayram Balci (Directeur de l'Institut français d'études anatoliennes à Istanbul), Deniz Unal (Economiste, Rédactrice en chef du Panorama du CEPII et éditrice aux Éditions Bleu autour).

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En ce samedi de Pâque orthodoxe, Marioupol n’en finit pas d’agonir, Vladimir Poutine a déjà crié victoire, un de ses généraux revendique la totalité du Donbass et du sud de l’Ukraine, le président Zelensky réclame davantage d’armements et les perspectives de négociations pour mettre un terme à la barbarie russe semblent évanouies. Il reste cependant un acteur de ce conflit, le seul auquel sa diplomatie mais aussi sa géographie confèrent une possibilité d’intervenir, c’est bien la Turquie. 

Culte de l'homme fort

Par deux fois déjà, à Antalya puis à Istanbul le mois dernier, les Turcs ont organisé des discussions entre les deux camps. Sans résultat, au grand dam du président Erdogan qui y voyait la consécration du rôle majeur qu’il entend donner à son pays dans la recomposition géopolitique du moment. 

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Les atouts dont il dispose demeurent. Sacrifiant au même culte de l’homme fort, il entretient avec son homologue russe des relations personnelles qui tanguent au gré de leur implication commune en Syrie, mais qui sont réelles. Membre de plein droit de l’Alliance Atlantique, la Turquie a clairement choisi le camp de l’Ukraine dès le début de la guerre, ses drones ont même fait la différence dans le repli des forces russes vers le Donbass, mais Ankara n’a souscrit à aucune des sanctions économiques contre Moscou. 

La géographie lui accorde un atout de poids dans la longue histoire impériale partagée entre Russes et Ottomans : les détroits du Bosphore et des Dardanelles sont sous son contrôle, il reste fermé à la marine russe, affaiblie depuis la destruction de son navire amiral par deux missiles ukrainiens la semaine dernière. 

Dans quelle mesure les difficultés de son économie, l’inflation galopante, le tiennent-elles à la merci du chantage énergétique de la Russie ? 

Quels sont les moyens de pression de l’OTAN ? Des élections législatives et présidentielles doivent avoir lieu en juin l’an prochain. La situation économique et la crise internationale modifient-elles en interne les rapports de force politiques ?