Image du film "Ladakh - Songs of the water spirits", réalisé par Nicolo Bongiorno
Image du film "Ladakh - Songs of the water spirits", réalisé par Nicolo Bongiorno - Allegria Films
Image du film "Ladakh - Songs of the water spirits", réalisé par Nicolo Bongiorno - Allegria Films
Image du film "Ladakh - Songs of the water spirits", réalisé par Nicolo Bongiorno - Allegria Films
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Dans les montagnes de l'Himalaya et dans la forêt amazonienne, il n'y a pas que les espèces animales et végétales qui disparaissent sous l'effet du réchauffement climatique. Des femmes, des hommes, des cultures et des langues sont en voie d'extinction pour les mêmes raisons.

Avec

Tewfik Hakem s'entretient avec le linguiste et spécialiste du Tibet Nicolas Tournadre, qui a participé au tournage du documentaire Ladakh - Songs of the water spirits, l'ethnobotaniste Olivier Behra, qui vient de sortir la BD Jungle Beef (coéditions Les Escales/Steinkis) et l'illustratrice et graphiste Tram Anh qui a réalisé une exposition BD sur les ravages de l'agent orange au Vietnam. 

Le Ladakh, un paradis terrestre et culturel menacé d'extinction

Situé dans les montagnes indiennes de l'Himalaya, le Ladakh est un désert de haute altitude, appelé également le petit Tibet, qui est marqué par la fonte des glaciers depuis des dizaines d'années, menaçant de fait l'approvisionnement en eau des villages alentour. En prenant cette région pour exemple, le réalisateur Nicolò Bongiorno et le linguiste Nicolas Tournadre, à travers le documentaire Ladakh - Songs of the water spirits, tirent la sonnette d'alarme sur la nécessité de changer de mode de vie pour protéger l'environnement naturel du Ladakh, mais aussi les cultures et langues locales qui y sont implantées. Nicolas Tournadre met d'ailleurs en parallèle la notion d'écocide et la notion de linguicide.

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Les endroits où il y a énormément de langues sur cette planète sont aussi les endroits où la biodiversité a été préservée. Des études scientifiques, réalisées par des scientifiques des sciences humaines, des ethnobotanistes ou encore des spécialistes de géologie, montrent que ces zones-là, la Nouvelle Guinée-Papaouasie, l'Himalaya et le haut plateau tibétain ou l'Amazonie, ont une diversité biologique extrême mais aussi énormément de langues parlées parce que les populations étaient isolées. Les langues, même si ce ne sont pas des visions du monde, ce sont des perceptions, des intentions, des mémorisations, des associations d'idées. Garder des langues c'est garder une symphonie de façons de voir les choses, de penser et d'associer des idées.  Nicolas Tournadre

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Jungle Beef, une BD qui explique les mécanismes pervers de la déforestation amazonienne

Pour raconter son expédition au coeur de la jungle du Honduras, sur les traces de la mythique cité blanche le long du fleuve Platano, Olivier Behra a choisi d'en faire une bande-dessinée avec le dessinateur Cyrille Meyer afin de dénoncer les conséquences dramatiques du narcotrafic en Amazonie, que ce soit sur le plan environnemental, climatique ou culturel. En partant à la rencontre du peuple Pech qui vit dans cette zone spécifique de La Mosquitia, il rencontre un vacher qui lui fait prendre conscience de ce qu'il se trame dans cette région de passage très prisée par les narcotrafiquants.

Un jour, je me réveille avec des vaches devant moi. Là je me dis : "Il y a quelque chose qui colle pas". Je suis censé être au milieu de la jungle et je parle avec le vacher, qui n'était pas un narcotrafiquant. C'était un pauvre gars qui venait d'une autre zone à qui des narcotrafiquants ont dit : "T'as pas d'argent ? Je vais te filer des vaches. Et je vais te garantir que je vais te racheter ces vaches, seulement il te faut du pâturage. Va là-bas, je vais te donner une tronçonneuse, tu vas pouvoir couper la forêt." On se retrouve avec de pauvres gars qui sont en train de détruire cette forêt qui est d'une richesse phénoménale, pas seulement pour les biologistes mais pour l'humanité, avec le peuple Pech qui a toujours vécu en harmonie avec la jungle et qui a beaucoup de choses à nous apprendre. Tout est en train d'être détruit parce que c'est un moyen de blanchir de l'argent, parce que les narcotrafiquants ont des millions de dollars. Olivier Behra

Extrait de "Jungle Beef - Quand les narcos attaquent la forêt vierge", coll. Témoins du monde, coéditions Les Escales/Steinkis
Extrait de "Jungle Beef - Quand les narcos attaquent la forêt vierge", coll. Témoins du monde, coéditions Les Escales/Steinkis
- Olivier Behra et Cyrille Meyer

Le coup de crayon de Tram Anh, un outil de lutte politique pour alerter sur le danger que représente l'agent orange

Sensibilisée très tôt sur les effets dramatiques de l'agent orange sur les Vietnamiens et l'écosystème du Vietnam, Tram Anh se lance en 2021 dans la vulgarisation de ce sujet complexe et politique que représente ce défoliant en suivant de près le procès de Tran To Nga contre les firmes d'agrochimie qui ont fourni à l'armée américaine ce poison ultra toxique pendant la guerre du Vietnam. Ce projet personnel sera concrétisé par la publication d'un billet sur l'agent orange dans son blog de BD, billet qu'elle va partager au   collectif Vietnam Dioxine qui lui propose trois mois plus tard de faire une exposition au Petit Musc (Paris 4e) du 9 août au 18 septembre 2021. Elle a eu lieu à l’occasion des 60 ans du 1er épandage de l’agent orange, le 10 août 2021.

La BD est un moyen de médiation, ça permet de vulgariser des sujets qui sont réservés à des experts et de les amener à un public beaucoup plus large, par l'image et le dessin. (...) L'agent orange contient de la dioxine, un produit extrêmement toxique qui détruit les végétaux mais qui est aussi cancérigène et tératogène, c'est-à-dire qu'il provoque des malformations chez les enfants in utero. (...) Mon père est photojournaliste et réalisateur et quand j'étais en CE2 il a réalisé un reportage photo au Vietnam sur les victimes de l'agent orange. L'agent orange se transmet de la mère à l'enfant parce que l'organisme humain garde 90% de la dioxine et aujourd'hui, 60 ans après le premier épandage, la quatrième génération de Vietnamiens est encore touchée par l'agent orange. Quand il m'a montré ces photos d'enfants malformés, malades, j'étais choquée, comme ça choquerait n'importe qui. Tram Anh

Extrait du billet BD "L'agent orange c'est quoi ?" par Tram Anh, le 14 mars 2021
Extrait du billet BD "L'agent orange c'est quoi ?" par Tram Anh, le 14 mars 2021
- Tram Anh

Programmation musicale

Gilberto Gil, Gilsons e Bem Gil - Refloresta (2021)