"Detroiters", le dernier documentaire d'Andreï Schtakleff
"Detroiters", le dernier documentaire d'Andreï Schtakleff
"Detroiters", le dernier documentaire d'Andreï Schtakleff - The Dark 2022
"Detroiters", le dernier documentaire d'Andreï Schtakleff - The Dark 2022
"Detroiters", le dernier documentaire d'Andreï Schtakleff - The Dark 2022
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Résumé

Detroit, ville fantôme sinistrée, et Huston, ville pré-apocalyptique sous codéine, font l'objet de deux films documentaires français qui cherchent à peindre l'Amérique des pauvres et des désaxés. Entretien avec les réalisateurs Nicolas Peduzzi et Andreï Schtakleff, et l'artiste Rose Vidal.

avec :

Nicolas Peduzzi (Réalisateur français).

En savoir plus

Tewfik Hakem s'entretient avec Nicolas Peduzzi, réalisateur, pour la sortie de son film Ghost Song, Rose Vidal, artiste et autrice de Chaplin (ed. Les Pérégrines, collection Icônes), Andreï Schtakleff, réalisateur, pour la diffusion de son documentaire Detroiters et Jean-Michel Frodon, critique de cinéma. 

L'envers du décor du rêve américain

Detroit, autrefois capitale mythique de l'industrie automobile et de la maison de disque Motown, est aujourd'hui une ville sinistrée et connue pour ses ruines. Passionné par cette ville "mythologique", Andreï Schtakleff a voulu écouter et filmer des individus "à la périphérie du pouvoir" qui se reconstruisent à partir des ruines, tout en recontextualisant l'apport des musiciens de Detroit dans la culture pop américaine mondialisée : 

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"C'est au cœur de la démarche du film : donner une matérialité à cette chose un peu évanescente qu'est la musique. Dans la Motown, il y a un sous-texte dans toutes leurs chansons (...) toute la pop vient des Afro-Américains et de l'esclavage. Il y a des ramifications qui ramènent de l'esclavage aux usines de Detroit et c'était ce fil-là que je voulais remettre en lumière."

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Après son premier documentaire Southern Belle, Nicolas Peduzzi revient à Huston, autre ville américaine qui a perdu de sa superbe, pour son deuxième long-métrage Ghost Song. Le réalisateur fait le choix de suivre le parcours de deux désaxés, OMB Bloodbath, rappeuse et ancienne cheffe de gang, et Will, fils d'un magnat du pétrole renié par ses parents et rongé par ses addictions toxiques :

"J'ai été intéressé par le côté secret de la ville de Huston, (...) les milieux underground, surtout dans le hip hop, le punk et le blues, qui viennent des quartiers qu'on filme. Dans les années 1990, un mouvement hip-hop était né avec DJ Screw qui ralentissait le son, et c'était aussi dû à la prise de codéine et à la chaleur accablante de la ville. Cela a ensuite influencé énormément de rappeurs aujourd'hui, cela vient un peu du blues, mélangé à du punk et ces artistes ne se pliaient pas devant les grands labels, cette indépendance m'a intrigué."

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Autre regard cinématographique sur l'Amérique des pauvres : celui de Charlie Chaplin. Pour son premier livre, Rose Vidal a souhaité analyser cette "figure insaisissable et un peu multifacette" du cinéma américain : 

"Il y a une question qui m'occupe beaucoup : comment on re critique, on re discerne et réexamine la culture passée, les héritages, avec les questions d'aujourd'hui. (...) J'aime bien les grands écarts entre les mondes, c'est pour cela que je suis à la fois du côté de l'art et du côté de la critique, et de la réflexion. (...) J'ai adoré voir les films de Nicolas Peduzzi et Andreï Schtakleff, les mettre en regard avec ce que j'avais vu de Chaplin pour les réinscrire dans une histoire, non seulement du cinéma, mais aussi celle des représentations. Ce qui m'a beaucoup frappée, c'est la question des représentations des corps, en particulier des corps noirs, parce que c'est quelque chose qui n'apparaît pas dans le cinéma de Chaplin."

Selon Jean-Michel Frodon, Rose Vidal "ne plaque pas une grille de lecture nouvelle sur une œuvre ancienne" car elle essaie de "donner à partager certains enjeux, certaines dynamiques, avec quelqu'un qui était lui-même dans des rapports de grande tension avec son époque, sa société. C'était des situations de crise ou problématiques sur lesquelles nous sommes légitimes à porter nos jugements d'aujourd'hui."

Extraits diffusés

  • Nomadland, réalisé par Chloé Zhao (2020)
  • Les Temps Modernes, réalisé par Charlie Chaplin (1936)
  • Ghost Song, réalisé par Nicolas Peduzzi (2021)
  • Detroiters, réalisé par Andreï Schtakleff (2022)

Programmation musicale

  • "Nowhere to run", Martha Reeves and the Vandellas (1965)
  • "Don't do it", OMB Bloodbath (2021)
Références

L'équipe

Tewfik Hakem
Tewfik Hakem
Tewfik Hakem
Production
Gwendoline Troyano
Collaboration
Vincent Abouchar
Réalisation