Un plongeur explorant une grotte sous-marine ©Getty - Tammy616
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Résumé

La mer et les océans peuvent-ils sauver la planète Terre comme le suggère Christian Buchet dans son ouvrage "Osons la mer" ? Avec la participation du commissaire de l'exposition "Le Songe d'Ulysse" Francesco Stocchi, du poète Simon Johannin et de la journaliste Amélie Mougey.

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A Lisbonne, la Conférence des Nations Unies sur les océans se tiendra du 27 juin au 1er juillet pour tenter de préserver la santé des écosystèmes marins. A cet effet, Tewfik Hakem s'entretient avec Christian Buchet, membre de l'Académie de marine, ancien secrétaire général du Grenelle de la mer et directeur du Centre d'études de la mer de l'Institut catholique de Paris, qui a publié récemment "Osons la mer. Une révolution maritime pour faire de la France la première puissance économique mondiale" au Cherche midi, Simon Johannin, écrivain, pour la sortie de son recueil de poèmes “La dernière saison du monde”, Francesco Stocchi, commissaire de l'exposition "Le Songe d'Ulysse" à la Villa Carmignac sur l'île de Porquerolles et Amélie Mougey, rédactrice en chef de La Revue Dessinée.

Dans son essai "Osons la mer. Une révolution maritime pour faire de la France la première puissance économique mondiale ", Christian Buchet plaide pour une exploration des océans et des mers afin de trouver les ressources dont on a besoin sur terre :

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"En 2050, au pic démographique, 80 % de la population mondiale va se trouver concentrée sur une bande littorale de 75 km de large. La mer va jouer un rôle énorme et on rentre dans un nouveau temps de l'Histoire qui va être le temps du maritime. En tout temps et en tout lieu, le fait de se tourner vers la mer, c'est surfer sur les vagues du succès (...) il y a quinze ans, on croyait connaître 15 à 20% de la faune et la flore sous-marine. Aujourd'hui, avec le développement de la métagénomique qui consiste à faire le séquençage de gènes isolés, les biologistes marins considèrent qu'on ne connaît pas plus de 3% de la microbiologie marine. Quand on saccage la mer, on détruit des molécules qu'on ne connaît pas alors qu'on sait en toute certitude depuis une quinzaine d'années que l'Homme émane du milieu marin. "

Vue d'exposition Le Songe d'Ulysse. "Faire et défaire Pénélope That's the Rule" , par Martial Raysse (1966) et "Tapis velours" de Marinus Boezem (1998)
Vue d'exposition Le Songe d'Ulysse. "Faire et défaire Pénélope That's the Rule" , par Martial Raysse (1966) et "Tapis velours" de Marinus Boezem (1998)
- © Thibaut Chapotot - Fondation Carmignac

Inspirée de l'Odyssée d'Homère, l'exposition "Le Songe d'Ulysse" se tient jusqu'au 16 octobre à la Villa Carmignac sur l'île de Porquerolles. Dans une installation labyrinthique, l'exposition nous propose une relecture actualisée du mythe d'Ulysse à travers plusieurs œuvres d'art, comme nous l'explique son commissaire d'exposition Francesco Stocchi :

"Le Songe d'Ulysse est un conte connu de tous, c'est un projet spécial, qui se fait sur une île qui est un lieu de destination et un aboutissement de voyage. (...) L'exposition est organisée à partir des points cardinaux du récit : l'idée du temps, l'idée de la séduction ou encore l'idée du voyage. (...) La lecture de l'Odyssée change radicalement selon le moment où on l'a lu, ce qui est extraordinaire dans certaines œuvres littéraires ou certains tableaux c'est que ces derniers s'adaptent, changent et résonnent en nous selon notre évolution. D'après ma dernière lecture, Ulysse est plutôt un antihéros, c'est un personnage plein de doutes, qui a du courage mais qui perd le contrôle de son groupe. C'est un être humain, et non un héros distant et idéalisé."

Vue d’exposition Le Songe d’Ulysse - Villa Carmignac, Porquerolles Jorge Peris - Héroes boca a bajo, 2022
Vue d’exposition Le Songe d’Ulysse - Villa Carmignac, Porquerolles Jorge Peris - Héroes boca a bajo, 2022
- © Jorge Peris, coproduction Fondation Carmignac et l’artiste. Courtesy de l’artiste - Photo Thibaut Chapotot

Auteur du recueil "La dernière saison du monde", installé à Marseille depuis peu, Simon Johannin a un rapport à la mer "à la fois naïf et archaïque" : "Quand je regarde la mer, je ne vois pas son potentiel mais j'ai l'impression de me reconnecter avec quelque chose d'immuable qui dépasse complètement ma condition d'humain. Quand je vois un paysage marin, je me dis qu'il y a peut-être quelqu'un qui, 30 000 ans auparavant, voyait exactement la même chose que moi. C'est de l'ordre du fantasme mais c'est ce qui me traverse à ce moment-là. C'est un potentiel romantique intarissable, d'un point de vue pratique et matériel, tout est appelé à finir un jour mais pour ce qui est de l'ordre des idées, de la poésie, on peut exploiter autant que l'on veut."

La chronique d'Amélie Mougey

Pour le numéro d'été de La Revue Dessinée, Amélie Mougey nous raconte le titanesque chantier de liaison ferroviaire entre Lyon et Turin lancé il y a plus de vingt ans, qui ne voit pas le bout du tunnel. Cette enquête, réalisée par Éliane Patriarca, Alberto Puliafito, Gregory Mardon et Lorena Canottiere, permet de regarder l'évolution de ce chantier des deux côtés de la frontière franco-italienne "avec cette interrogation : est-ce que les choses se passent de la même manière ? Est-ce qu'on retrouve les mêmes dynamiques en France et en Italie ?" Amélie Mougey nous explique pourquoi ce projet peine à avancer :

"A une époque, tous les élus écologistes étaient favorables au projet parce que c'était une période où toutes les voies routières entre la France et l'Italie étaient complètement saturées et les habitants ne respiraient plus. Aujourd'hui, 25 ans après les débuts du projet lancé sous François Mitterrand, de plus en plus d'analyses d'institutions reconnues et peu partisanes disent que les prévisions du trafic et de hausse du trafic ont été un peu surestimées et qu'on pourrait aménager et utiliser les voies existantes pour faire passer les contenus des camions sur des trains. (...) En France, la population dans les vallées impactées par ce projet est assez vieillissante et dispersée. Etrangement ce n'est pas devenu un sujet d'intérêt national à la différence de l'Italie où le mouvement de contestation a mis le projet Lyon-Turin sur le devant de la scène et au cœur des débats."

Programmation musicale

M, "Océan" (2019)

Références

L'équipe

Tewfik Hakem
Tewfik Hakem
Tewfik Hakem
Production
Vincent Abouchar
Réalisation
Gwendoline Troyano
Collaboration