France Culture
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Per Olov Enquist
Per Olov Enquist

Per Olov Enquist © D.R EDITIONS ACTES SUD

Per Olov Enquist est né en 1934 à Hjoggböle. Il entame des études de philosophie et de littérature à l'Université D'Uppsala et consacre sa thèse aux romans policiers de Thornsten Johnsson. Il publie son premier roman, "L'oeil de cristal" en 1961.Très vite, le roman documentaire devient sa forme de prédilection : « Au moment où les jeunes auteurs cherchaient de nouvelles formes d'expression littéraires, Enquist inaugura une forme qui questionnait la réalité des évènements, où les faits étaient trop complexes pour dévoiler autre chose que des réponses ambiguës » Alliant expériences vécues, souvenirs et témoignages, Per Olov Enquist écrit aussi bien sur l'enfermement ("Hess", 1966), le rapport père-fils ("Le Second", 1971), ou le sport("La Cathédrale olympique ou Munich 72", 1972). Le thème de la duperie et de la trahison apparaît particulièrement dans son roman "Le cinquième hiver du magnétiseur"(1964), construit sur des documents fictifs, ainsi que dans un roman sur la difficile installation du socialisme chez les paysans-ouvriers du Nord de la Suède, "Le Départ des musiciens" (1978). En 1968, il publie "L'Extradition des Baltes" qui lui vaut le Prix Littéraire du Conseil Nordique. Dans ce roman qui raconte la déportation d'un groupe de soldats pendant la Seconde Guerre mondiale, Per Olov Enquist utilise des articles de presse, des interviews, des lettres et va jusqu'à expérimenter une grève de la faim pour mieux comprendre les conditions de vie de ses personnages. Pourtant, il avoue dans sa préface adressée à Mao Zedong, ne pas réussir à éviter une interprétation subjective des faits. A partir de 1975, Per Olov Enquist explore d'autres formes littéraires. Il publie sa première pièce de théâtre écrite en onze jours et consacrée à August Strindberg, "La Nuit des Tribades", qui reste encore aujourd'hui son oeuvre théâtrale la plus remarquée. Traduite en vingt langues, elle a fait l'objet de centaines de mises en scène. Il écrit également "Chez nous" en 1977 pour le Royal Dramatic Theater de Stockholm, pièce dans laquelle il utilise la métaphore d'un sex-club pour dénoncer la criminalité économique du monde. Notons aussi dans son oeuvre des impressions de voyage en Californie, Récits du temps des révoltes ajournées et un récit-scénario sur Knut Hamsun, porté à l'écran en 1996 par Jan Troell. Sous des formes étonnamment variées, le thème récurrent de toute l'oeuvre de Per Olov Enquist est celui du déclin catastrophique après une ascension et une période de gloire. Chute en disgrâce de Hess, du Magnétiseur, de l'Ange, du champion sportif, de Hamsun, de Struensee, des légionnaires, de Marie Curie... Per Olov Enquist s'engage également dans le journalisme politique et s'oppose notamment en 1989 à l'Union Européenne pensant que l'entrée de la Suède dans l'Europe entraverait son indépendance dans la mesure où sa voix serait minoritaire. En 1991, après la publication de "La Bibliothèque du capitaine Némo", il annonce vouloir cesser d'écrire mais rompt le silence quelques années plus tard en publiant "Le Médecin personnel du Roi" (1999) qui obtient en France le Prix du Meilleur livre étranger et le Independant Foreign Fiction Prize en Grande-Bretagne. Per Olov Enquist compte parmi les plus grands auteurs de la littérature scandinave contemporaine. Ses pièces ont été jouées sur les plus grandes scènes internationales, dont Broadway. Son oeuvre est traduite dans le monde entier. Depuis 1970, ses oeuvres sont régulièrement traduites en France à mesure de leur parution, pour l'essentiel par Marc de Gouvenain et Lena Grumbach. Après avoir passé une partie de sa vie à Berlin, Los Angeles, Copenhague et Paris, il vit aujourd'hui à Stockholm. - Editions Actes Sud-

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