France Culture
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Stéphane Audeguy
Stéphane Audeguy

Stéphane Audeguy © c.helie / Editions gallimard

A 13 ans il voulait devenir écrivain, promesse tenue 23 ans plus tard, avec la publication en 2005 de « La théorie des nuages » : un auteur est né, salué par la critique et par le public qui lui réservent un excellent accueil, pour ne pas dire qu'il le portent aux nues. Etranger à l'esprit de l'universel reportage, de la chronique, du témoignage et de l'autofiction qui semblent dominer les lettres françaises, il nous entraîne du côté du ciel et des phénomènes météorologiques, et de ceux qui les observent passionnément, mêlant temps historique et temps climatique, science et rêve. L'année suivante, il réinvente le style du roman d'analyse des sentiments, en vogue au XVIII ème siècle, tout en écrivant un roman sur les commencements de la vie démocratique, avec « Fils unique », confessions apocryphes du frère oublié de l'auteur des Confessions auquel Jean Jacques ne consacre que quelques lignes. François Rousseau, horloger libertin, fabricant d'automates et de jouets sexuels, devient dans le roman le témoin lucide de la Révolution et des transformations de son époque, « fantôme d'un monde qui n'est plus ». « Nous autres » paru en 2009, est le 3ème volet de ce triptyque qui explore la généalogie de notre présent, les rapports homme - nature -modernité, l'initiation au monde. Amateur d'ombres et de fantômes, dans « L'Enfant du Carnaval », paru récemment dans la collection « L'Un et l'autre » chez Gallimard, il exhume de l'oubli Pigault Le Brun, romancier, essayiste, dramaturge qui eut ses heures de gloire au Siècle des Lumières, et que Flaubert lisait encore. « L'un de ces vieillards des lettres que tout le monde ou presque néglige. » « J'aime - dit-il- sa voix éraillée mais joyeuse, où passe encore un peu de cette folie française qui m'a toujours parue l'une des plus belle traditions de notre pays » *« Rien ne me pousse à écrire; c'est plutôt l'inverse : je suis attiré par l'écriture, parce que c'est un mode de vie qui me permet de vivre plus intensément. J'ai pris la décision de devenir romancier vers l'âge de treize ans, j'ai commencé à écrire vingt-cinq ans plus tard, parce que j'ai fait comme tout le monde : j'ai perdu mon temps avec des choses et avec des gens qui n'en valaient pas la peine. » *

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