William Klein le 22 novembre 2007 lors du Festival du film de Thessalonique qui lui rendait hommage..
William Klein le 22 novembre 2007 lors du Festival du film de Thessalonique qui lui rendait hommage.. ©AFP - Sakis Mitrolidis
William Klein le 22 novembre 2007 lors du Festival du film de Thessalonique qui lui rendait hommage.. ©AFP - Sakis Mitrolidis
William Klein le 22 novembre 2007 lors du Festival du film de Thessalonique qui lui rendait hommage.. ©AFP - Sakis Mitrolidis
Publicité

Le photographe William Klein était l'invité de Francesca Isidori en 2010 dans son émission "Affinités électives", l'occasion pour le Parisien d'adoption de parler de ses débuts dans la photographie de mode à "Vogue" et de son journal photographique consacré à New-York publié en 1956.

Avec

Peintre, cinéaste, réalisateur et photographe, William Klein est né en 1928 à New York. En France, William Klein travaille avec Fernand Léger. Au début des années 50, il expose en Europe, crée de nombreuses peintures murales pour des architectes français et italiens et réalise une vingtaine de couvertures pour la revue Domus. Cinéaste, il conçoit le style photographique de "Zazie dans le métro" (1960) et réalise des courts-métrages tels que : "Brodway by Light" (1958)," Comment tuer une Cadillac" ainsi que des films pour la télévision française dont "Le Grand Magasin" avec Simone Signoret, "Le Business et la Mode", et une série de documentaires pour "5 Colonnes à la Une" de 1962. Il reçoit en 1964 le Grand Prix du Festival de Tours pour "Cassius Le Grand", "Qui êtes-vous Polly Maggoo?" (1965-66) obtient le Prix Jean Vigo. En 1999-2000 , William Klein reçoit le Grand Prix du Festival Paris-Films pour "Le Messie". Photographe de renom, il reçoit le Prix Nadar en 1957 pour le livre "New York", ses premières photographies créent un nouveau style graphique et corrosif qui bouleverse le monde de la photographie lui même. Suite à la parution de cet ouvrage, trois autres portraits de ville vont suivre. De 1955 à 1965, il travaille pour le magazine américain Vogue. Lors de l'exposition Photokina en 1963, William Klein est désigné par un jury international, comme l'un des 30 photographes les plus importants de l'histoire de la photographie. Vers 1965, William Klein décide de se consacrer exclusivement au cinéma. Tout en continuant de filmer, William Klein reprend son activité photographique au début des années 80, de nouveaux livres de photographies sont publiés, ses expositions parcourent le monde.

"Affinités électives" avec le photographe William Klein sur France Culture le 02/01/2010.

49 min

Chaque émission d'"Affinités électives" commence par le choix d'une photo que l'invité doit commenter, le photographe William Klein évoque ainsi une photo de son enfance :

Publicité

C'est une photo qui était prise quand j'avais six ou sept ans, prise par le photographe du coin ou agrandie par le photographe du coin [...] et cette photo-là est assez horrible. Je suis niais, un peu gros, sur mon vélo, avec un grand sourire, les lèvres rouges et les joues roses. J'avais l'air con et je crois que ça résume bien ma jeunesse !

Ce que la fréquentation de l'atelier de Fernand Léger lui a apporté à son arrivée en France en 1947, c'est de travailler au cœur de la ville, de "travailler sur les murs" en laissant tomber ses "obsessions de collectionneurs, de galeries". Il s'explique sur son passage de la peinture abstraite à la photographie :

La photo a été une façon de sortir de cette peinture que je faisais qui était abstraite et qui n'avait rien à dire sur la vie. [...] C'était une espèce de libération et une excitation.

S'exprimant sur la situation politique des Etats-Unis depuis la victoire de Barack Obama, William Klein y voit enfin de la lumière, "après toutes ces années où on avait un président qui vous faisait vomir comme Bush", "le miracle Obama a changé la façon dont on regarde la politique".

William Klein raconte comment il est devenu photographe pour le magazine Vogue à son retour à New-York en 1954, un peu par hasard, embauché d'abord comme graphiste.

Je n'étais pas vraiment photographe, les photos que je faisais étaient pas mal dans la mesure où je pouvais mettre les négatifs dans l'agrandisseur, les cadrer et les tirer comme je voulais. Alors je me suis mis dans la tête que je pouvais faire ça avec New-York. 

C'est le directeur artistique de Vogue, Alexander Liberman qui le pousse à faire des photos de mode.

Depuis que j'étais en rapport avec Vogue, je regardais les photos de mode et j'étais très impressionné par la fantastique technique des photographes de mode. Ces photos étaient le contraire de ce que je faisais, moi je faisais de la photographie avec peu de moyens, il y avait beaucoup de choses qui me manquaient. Et j'ai essayé en effet de faire une photo de mode.[...] J'avais droit aux meilleurs mannequins de New-York en studio.

Sur son livre de photos sur New-York, il dit l'avoir conçu comme "une mise en page ou un montage cinématographique", "où les pages auraient un mouvement", et il en a retiré comme une frustration qui l'a amené à se projeter vers le cinéma : "Cette séquence, cette demi-heure que j'ai passée avec ces gens-là, c'est un film... Alors je me suis dit quel dommage que j'ai fait ce livre, ça ne bouge pas, ça ne parle pas !"

Je fais très peu de photos, et même quand c'était mon métier d'être photographe et faire des livres, je ne faisais pas comme Cartier-Bresson qui avait toujours son appareil dans sa poche ou dans sa main. Je ne me balade pas avec des appareils de photos, je fais des photos seulement quand j'ai un projet.

  • "Affinités électives" 
  • Première diffusion le 02/01/2010
  • Producteur : Francesca Isidori
  • Réalisation : Bruno Sourcis
  • Indexation web : Odile Dereuddre, de la Documentation de Radio France