Aimé Césaire dans son bureau le 21/09/2007.
Aimé Césaire dans son bureau le 21/09/2007. ©Maxppp - Isabelle Rouquette
Aimé Césaire dans son bureau le 21/09/2007. ©Maxppp - Isabelle Rouquette
Aimé Césaire dans son bureau le 21/09/2007. ©Maxppp - Isabelle Rouquette
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Troisième partie de l'entretien avec Aimé Césaire qui évoque son arrivée en France, son travail acharné pour étudier la littérature classique, puis la révolte qui s'est emparée de lui. Et son attirance pour le surréalisme qu'il mettait en relation avec la recherche de son "moi profond africain".

Dans ce troisième épisode, Aimé Césaire raconte son arrivée à Paris en 1931 et sa rencontre avec Léopold Sédar Senghor. Il dit combien il s'est senti proche de l'Afrique même sans y aller, "je l'ai connue à travers des hommes, des amis". Il se souvient avoir beaucoup travaillé pendant les premières années pour préparer l'Ecole Normale Supérieure. Après s'être "astreint volontairement" à une "discipline académique, universitaire extrêmement approfondie, sérieuse", il a senti monter "une sorte de révolte" en lui : "Ce que je cherchais ne pouvait être obtenu que par une révolte précisément contre cette culture-là." Il se met alors à écrire des poèmes et il abandonne le projet de passer l'agrégation : "Je suis entré en littérature et puis la guerre est arrivée."

La guerre arrive, je me marie, je retourne à la Martinique et là, surprise extraordinaire : je rencontre [André] Breton. Alors là, ça a été le coup de foudre littéralement. Quelle chance extraordinaire ! Breton de passage en Martinique ! Et ce que les livres avaient commencé, eh bien l'amitié vivante, le contact humain l'achèvent et je deviens surréaliste français ! Tout en gardant quand même la tête bien nette...

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Surréaliste, Aimé Césaire le revendique mais tout en se distinguant du courant français où certaines démarches pouvaient apparaître gratuites alors que chez lui, la révolte surréaliste était "bel et bien ramenée à la situation de l'homme de couleur, du Noir dans le monde, du Noir à l'égard de son destin".

Les démarches surréalistes elles-mêmes, j'essayais de les interpréter dans le cadre de la civilisation africaine. Beaucoup de ces démarches, pour moi, n'étaient valables que dans la mesure où elles me permettaient de retrouver le génie profond du moi africain. [...] Je pensais que l'écriture automatique était un moyen de rompre avec cette logique européenne et d'accéder plus précisément à ce trésor qu'était mon moi profond donc mon moi africain.

Grand voyageur en Afrique, curieux de connaître les paysages et les peuples africains, Aimé Césaire se sent moins attiré par l'Europe. C'est sûrement un choix "injuste" mais il ne ressent pas, dit-il, "d'appel profond". Il se sent malgré tout attiré par la Grèce, "la Grèce ce n'est déjà plus l'Europe, c'est déjà le départ vers l'Afrique".

L'équipe

Daphné Abgrall
Collaboration
Florian Delorme
Florian Delorme
Florian Delorme
Coordination