Susan Sontag en 1993 ©Getty - Photo de Schiffer-Fuchs/ullstein bild via Getty Images
Susan Sontag en 1993 ©Getty - Photo de Schiffer-Fuchs/ullstein bild via Getty Images
Susan Sontag en 1993 ©Getty - Photo de Schiffer-Fuchs/ullstein bild via Getty Images
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Résumé

Qui êtes-vous Susan Sontag ? À cette question, elle répond ceci : "une Américaine, un écrivain, une cinéaste, une mère…". Disparue en 2004, qui était vraiment Susan Sontag, et qu’est-elle encore aujourd’hui ?

avec :

Béatrice Mousli (Professeure de lettres à l’Université de Californie du Sud).

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Difficile de ne pas avoir raison avec Susan Sontag : depuis les années 60, et malgré sa disparition en 2004 à New-York, pas un débat, pas un sujet, encore aujourd’hui, ne semble avoir échappé à son oeil. 

De l’identité sexuelle au cancer, de la performance de soi au pouvoir des images, de la littérature aux droits LGBT, du retour aux oeuvres à l’engagement des artistes, du Vietnam au 11 septembre, de l’interprétation à la musique rock… comme nous le verrons toute cette semaine, la romancière lesbienne et militante de gauche a su marquer et mettre les mots sur les enjeux essentiels de la seconde moitié du XXème siècle… 

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Difficile, pourtant, d’avoir raison avec Susan Sontag : multiple, contradictoire, indépendante, curieuse, vampire selon elle, stérile selon ses détracteurs, celle qui a élevé la première personne, le “je”, au rang d’art, n’est pas toujours saisissable.
Comment Susan Sontag n’est-elle pas née Susan Sontag mais l’est-elle devenue ? Et qui est-elle devenue ? 

L'invitée du jour :

Béatrice Mousli, enseignante à l'Université de Californie du Sud aux Etats-Unis.

Comment définir Susan Sontag ?

Susan Sontag, pour moi, c’est une liste. Elle se décrit elle-même comme une liste : c’est une romancière, une dramaturge, une cinéaste, une librettiste, une philosophe, une critique – critique de cinéma, de littérature, de théâtre, d’art, de performance, de danse, de peinture... Une liste qui est donc très longue et que je résumerais par l’engagement.            
Béatrice Mousli

Une femme sur tous les fronts, toujours au bon endroit, capable de saisir les enjeux de son époque : opportunisme ou engagement viscéral ?

On est au cœur du problème Susan Sontag. Avec le recul, on pense au calcul qui n’a pas toujours été absent, notamment dans les dernières années. Mais je pense que c’est surtout une question de chance et d’acuité intellectuelle extrême. Elle « lit » comme on dit en anglais, elle comprend les gens très rapidement. Elle est capable de reconnaître qui va marquer son époque et qui ne la marquera pas.          
Béatrice Mousli

J'aime... Je n'aime pas...

Je n’aime pas les couples, les matchs de foot, nager, les anchois, les moustaches, les chats, les parapluies, être photographier, le goût du réglisse, me laver les cheveux ou me les faire laver, porter un bracelet-montre, donner une conférence, les cigares, écrire des lettres, prendre des douches, Robert Frost, la nourriture allemande, la télévision, les haricots blancs, la sauce tomate, les hommes velus, les livres de poche.         
Susan Sontag, dans son "Journal"

En revanche elle nous dit qu’elle aime :

régler des factures, les grottes, regarder le patinage sur glace, poser des questions, prendre des taxis, l’art du Bénin, les pommes vertes, les meubles de bureau, les Juifs, les eucalyptus, les canifs, les aphorismes et les mains.        
Susan Sontag, dans son "Journal"

Une bonne manière de se définir ! Avec toutes ces « choses », une rencontre avec Georges Perec aurait peut-être dû avoir lieu, comme le fait remarquer l’invitée du jour Béatrice Mousli.

Sons diffusés :

  • Archive de Susan Sontag, extraite d’une émission de RCI de 1976
  • Archive des Nuits de France Culture du 02/06/2018
  • Chanson de Johnnie Ray, Cry
  • Archive de Susan Sontag, extraite de l'émission À voix nue, 05/01/2001, France Culture
Références

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