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**Avec les Subsistances à Lyon, festival Mode d'emploi **

L'acrobate Matias Pilet remonte aux secrets de sa naissance. Il est 23h et la vie continue . Il y a cette chose étrange qui fait que toujours : la vie continue . Ça a pu nous énerver d’entendre cette phrase quand elle avait le ton de l’autorité du conseil ou de l’empressement, quand elle voulait dire sèche tes larmes, avance et passons à la suite : tu es debout. Et pourtant en ce moment, il faut se le répéter, soi même, sans autorité, avec bienveillance, la vie continue. Matias Pilet se l’est dit depuis sa naissance et c’était (aussi) un vendredi 13 – ils devaient être deux, il y avait Matias et Chloé et elle n’a finalement jamais respiré. Matias Pilet est acrobate, comme si être debout n’était pas forcément l’unique réponse, la réponse c’est être plus fort que la gravité, que l’évidence. Parce que si on écoute ce qu’on nous dit, il faudrait : accepter la réalité. Et se consoler. Mais quand le monde marche sur la tête , quand les choses ne tournent pas rond comme on dit, mieux vaut le prendre au mot et planer, devenir aérien, voir de côté. Marcher sur les mains, entrer dans la légèreté. On marche tous et toute la journée, à côté du vide laissé par des inconnus. Ce serait le temps de la consolation. Mais ça ne marche pas comme ça. La vie est grande parce qu’inconsolable, imaginons une seconde la vie qui se console : qui la veut ? Elle est inconsolable mais elle a du désir. Celui de se souvenir, de rendre présent. Ca fait du bien d’observer le corps de Matias Pilet, capable de tourner, de littéralement tomber et se relever. D’adapter ses gestes aux inconnus absents. D’en faire des appuis. Le principe c’est qu’une naissance ne suffit pas. Qu’il va falloir s’atteler à naître plusieurs fois, à avancer sur le fil d’une joie fragile. La vie ce sont des acrobaties. La vie c’est tête la première, c’est trébucher, faillir tomber, se relever, escalader. La solution elle est dans le corps, pas consolé mais prêt à faire de nouvelles images. C’est Annie Ernaux qui au tout début de son roman Les Années commence par : Toutes les images disparaitront . Toutes. Alors mieux vaut les superposer, les accumuler, mieux vaut entrer tout de suite dans la voltige, pour voir de tous côtés. Dans la vie d’après, pas consolable de certains vendredi, le monde marche sur la tête et nous, on le prend au mot et on marche sur les mains.

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Olivier Meyrou, ** documentariste et metteur en scène, et Matias Pilet, ** acrobate, pour **leur spectacle ** Tu.

Matias Pilet fait face au fantôme de sa sœur jumelle disparue à la naissance.

Une sage-femme, Sophie Foucher (Cherbourg)

**Au téléphone depuis le CHILI, Erika Pilet, ** la mère de Matias

**Au téléphone, Vinciane Despret ** *philosophe, auteur de Au bonheur des morts * (Ed. La Découverte)

LIVE : GASPAR CLAUS

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Références

L'équipe

Aurélie Charon
Aurélie Charon
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Production
Boris Pineau
Collaboration
Delphine Lemer
Réalisation
Lionel Quantin
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