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Un américain à Paris
Un américain à Paris
© Radio France

Joseph Morder superpose les souvenirs de ses appartements : l'enfance en Equateur, l'adolescence à Paris rue de Montmorency, puisque "un film c'est une maison". Il prépare "Le lieu du mélodrame", film sur l'appartement familial.

Il est 23h et chacun chez soi, chacun son décor.

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A 6 ans Joseph Morder écrit sa biographie, ça s’appelle : Ma vie . Parce que tout est déjà à peu près à sa place : la chambre des parents, le transistor, le salon où faire du théâtre, le balcon où observer les voisins. C’est l’appartement en Equateur. Quand 50 ans plus tard Joseph Morder y retournera, il verra que tout est là, encore, que tout existe, et il dira : « *Ce que j’essaie de recréer à Paris existe ici * ». Parce qu’on passe son temps à recréer. C’est comme si à 6 ans, on avait écrit notre biographie, qu’on avait posé le décor – qu’on avait dessiné la maison, c’est la matrice. Comme une carte mère, un disque dur jamais effacé. Et ce sera toujours étonnant, quand plus tard on cherchera un appartement, de réaliser ce que l’on cherche vraiment. Quand José retourne en Equateur tout est exactement comme il l’imaginait. Et si le cinéma n’est plus là, comme avant il se mettra à danser, sur le terrain vague qui l’a remplacé. Pas besoin de murs, ou de toit. L’espace est évidemment intérieur. On a tous un dessin initial, un plan des pièces. On a tous un schéma rapide – qui pourrait nous définir si on cherchait qui on était. Comme un marqueur. 3-4 pièces un couloir. Quoi qu’on fasse on ne fait que marcher à l’intérieur. C’est Jean Tardieu qui écrivait : Pour avancer, je tourne sur moi-même . Nous sommes sans cesse là où nous ne sommes pas. Alors : déménager ou pas, vendre ou pas, revenir ou jamais, c’est une fausse question. Dans 50 ans il manquera un mur, l’immeuble n’existera plus, la maison aura été refaite. Peut-être. Il faut juste accepter qu’on ne reverra pas : c’est devenu un petit schéma. Il faudra se contenter des reproductions qu’on en fait. Joseph aujourd’hui a le numéro 3 sur sa porte, comme à 6 ans sur un autre continent. L’espace est évidemment intérieur. Plus tard Joseph Morder a du vendre l’appartement familial, celui de Paris rue de Montmorency. On dit : c’est une période de la vie . Comme si la vie avait des périodes. Il n’y a aucune période dans la vie, il y a la carte mère et on tourne sur nous même. Il y a le plan de l’appartement et on marche dedans. Ce n’est pas un enfermement c’est une liberté, de partout pouvoir le faire exister. Joseph Morder est un tropical à Paris. Il marche sur les mêmes carrelages et a choisi les hauts plafonds et la végétation. Nous sommes sans cesse où nous ne sommes pas. On a beau avoir 66 ans, c’est fou comme on agit pour être fidèle à la biographie qu’à 6 ans, on s’était écrit.

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2 min

Joseph Morder, cinéaste, « filmeur ». Il prépare un documentaire sur l’appartement familial rue de Montmorency, «** Le lieu du Mélodrame** », appartement présent dans beaucoup de ses films. Il y superpose le souvenir de l’appartement de son enfance en Equateur à Guayarquil, où il a vécu jusqu’à ses 12 ans.

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1 min

**Son frère Robi Morder **

La comédienne Françoise Michaud

LIVE : ANKA, chanteuse polonaise, piano voix

Joseph Morder 1
Joseph Morder 1
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Joseph 3
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Références

L'équipe

Aurélie Charon
Aurélie Charon
Aurélie Charon
Production
Boris Pineau
Collaboration
Delphine Lemer
Réalisation
Lionel Quantin
Réalisation