Peintures rupestres d'anthropomorphes en style «Barrier Canyon», qui se rapprochent de la « danse des serpents » des Hopis (Sego Canyon, Utah)
Peintures rupestres d'anthropomorphes en style «Barrier Canyon», qui se rapprochent de la « danse des serpents » des Hopis (Sego Canyon, Utah)
Peintures rupestres d'anthropomorphes en style «Barrier Canyon», qui se rapprochent de la « danse des serpents » des Hopis (Sego Canyon, Utah) - © JLLQ
Peintures rupestres d'anthropomorphes en style «Barrier Canyon», qui se rapprochent de la « danse des serpents » des Hopis (Sego Canyon, Utah) - © JLLQ
Peintures rupestres d'anthropomorphes en style «Barrier Canyon», qui se rapprochent de la « danse des serpents » des Hopis (Sego Canyon, Utah) - © JLLQ
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Résumé

Quelle préhistoire pour les mythes ? Vincent Charpentier en discute avec Jean-Loïc Le Quellec, directeur de recherche émérite au CNRS. Une émission en partenariat avec Le Monde/La Vie, à l'occasion de la sortie du Hors-série "l'Histoire des mythes fondateurs".

avec :

Jean-Loïc Le Quellec (Directeur de recherche au CNRS).

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Comment remonter aux fondements de nos origines, celles de l’humanité ? Bien entendu, en fouillant et creusant le sol pour mieux s’enfoncer dans le temps… Une seconde approche concerne les toutes nouvelles voies ouvertes par la paléo-génomique, via l’étude de l’ADN des hommes fossiles. Une ultime, plus inattendue, concerne la mythologie : la préhistoire des mythes…

Jean-Loïc Le Quellec "Il y a eu beaucoup de définitions du mythe. Ça fait partie de ces grands termes de l'anthropologie qui sont finalement assez difficiles à définir, mais on peut déjà partir du mot lui-même : c'est un mot grec qui désigne un récit, donc un mythe, c'est un récit. Ça nous permet de dire que ça ne peut pas être une image, un objet ou une personne. C'est un récit. Il faut qu'il y ait une histoire." 

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Masque eskimo Nepcetat (Alaska, vers 1850), en bois, plumes, dents de renards et pigments (Association historique de l'État de New-York).
Masque eskimo Nepcetat (Alaska, vers 1850), en bois, plumes, dents de renards et pigments (Association historique de l'État de New-York).
© Getty - © VCG Wilson / Corbis - Getty

Jean-Loïc Le Quellec "Les mythes, ce sont des histoires qui, finalement, justifient l'état présent du monde et souvent, en associant des éléments qui peuvent, a priori, pour nous, modernes, apparaître comme très disparates. [...] Il faut souligner, je pense, que peu importe que ces histoires soient vraies ou fausses. Ce n'est pas un critère qui permet de définir le mythe."

Changeant de perspectives, de paradigme, le magazine de l’archéologie de France Culture emprunte ce troisième chemin, pour mieux découvrir si des mythes très anciens auraient perduré au cours des millénaires. Penser que des mythes encore évoqués de nos jours puissent remonter aux origines de l’Homme est bien entendu une idée contre-intuitive, et pourrait même, soulever quelques réticences.

Carte de répartition mondiale des mythes du plongeon cosmogonique (à cette échelle, un point peut représenter plusieurs attestations).
Carte de répartition mondiale des mythes du plongeon cosmogonique (à cette échelle, un point peut représenter plusieurs attestations).
- © JLLQ

Jean-Loïc Le Quellec "Sans donner de mécanismes, sans faire de démonstration, le mythe montre mais ne démontre pas. Il dévoile une vérité qui existe de tout temps et que l'histoire révèle. Il ne cherche pas du tout à produire une démonstration. [...] Il ne donne pas une explication. Il produit une vision du monde qui n'est pas modifiable, tandis que la science, elle, produit une vision du monde qui est amendable, qu'on peut améliorer. C'est une grosse différence et c'est la raison pour laquelle science et mythes continuent de coexister dans notre monde actuel."

Toutes les civilisations, sans exception, ont inventé des mythologies pour expliquer l’origine du monde, les mythes cosmogoniques sont particulièrement nombreux. Au cœur des tribus Cherokee, James Monney relevait au cours du XIXe siècle, le mythe de genèse du « plongeon cosmogonique », oiseau plongeant au fond de l’océan pour y collecter de la boue, à l’origine de la Terre. 487 mythes de ce plongeon ont été recensés de par le monde, tant en Amérique qu’en Eurasie. Comment expliquer une si vaste répartition ? Cela pourrait-il être dû à la structure particulière de notre esprit, comme le pensait Carl Gustav Jung, ou tout au contraire, à un mythe ayant suivi les hommes dans leurs migrations et dessinant ainsi les évolutions des peuples en une fabuleuse cartographie historique du monde ?  

Avec Jean-Loïc Le Quellec, anthropologue, directeur de recherche émérite au CNRS, spécialiste des images rupestres dans leurs aspects mythologiques.

En partenariat avec Le Monde/La Vie, à l'occasion de la sortie du Hors-série "l'Histoire des mythes fondateurs".

Couverture du Hors-série "L'Histoire des mythes fondateurs"
Couverture du Hors-série "L'Histoire des mythes fondateurs"
- © MONTAGE PHOTO : CLARENCE BUCKINGHAM COLLECTION/THE ART INSTITUTE OF CHICAGO/STADEL MUSEUM, FRANKFURT AM MAIN - PHOTO12/ALAMY/JRP STUDIO - ISTOCK - NASA

Jean-Loïc Le Quellec "En France, du fait de notre histoire, tout ce qui touche au folklore est considéré de manière un peu hautaine, pas très sérieux, et ce ne sont pas des choses dignes d'étude, alors que dans beaucoup d'autres pays du monde, le folklore et la mythologie sont des choses qu'on peut étudier dans des très grandes universités. Il y a des doctorats de folklore, des doctorats de mythologie. En France, ces choses ne sont pas ou peu enseignées, pas plus d'ailleurs que l'anthropologie." 

Pour en savoir (encore) plus

6 min
À écouter ou à réécouter : Peut-on fouiller les mythes ?
28 min
Références

L'équipe

Sandrine Chapron
Collaboration
Louise André
Réalisation