Vue zénithale d'une sépulture du IVe s. avant notre ère en cours de fouille, Buchères (Aube). - © Denis Gliksman / Inrap
Vue zénithale d'une sépulture du IVe s. avant notre ère en cours de fouille, Buchères (Aube). - © Denis Gliksman / Inrap
Vue zénithale d'une sépulture du IVe s. avant notre ère en cours de fouille, Buchères (Aube). - © Denis Gliksman / Inrap
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Résumé

La découverte d’une nouvelle sépulture néandertalienne à Shanidar (kurdistan irakien) s’avère majeure. Depuis 25 ans, aucune sépulture de la sorte n’avait été mise au jour.

avec :

Eric Crubézy (professeur d’anthropobiologie à l’Université Toulouse III et directeur du laboratoire « Anthropologie moléculaire et imagerie de synthèse ».).

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La grotte de Shanidar, au cœur du Kurdistan irakien, fouillée dans les années 1950-60, a surtout révélé dix individus, d’environ 60 000 ans, dont l’un, « Shanidar IV » a été inhumé avec des fleurs (des centaurées achillées, séneçons), preuve d’une pensée symbolique chez nos lointains cousins.

Nombre d’anthropologues ont pensé que les pratiques funéraires pouvaient être divisées en deux : celles conservant au maximum l’individu, les autres faisant disparaître le plus possible le corps. Sur le sujet, Arnold Van Gennep, spécialiste d'une anthropologie sociale, avait toutefois segmenté les pratiques funéraires en trois phases : la séparation, la « liminarité », et l'agrégation, (A. Van Gennep, 1987. Les rites funéraires, Paris).

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Crâne d'un individu inhumé dans la nécropole guerrière de Buchères (Aube), avec une fibule à décor de corail, IVe s. avant notre ère.
Crâne d'un individu inhumé dans la nécropole guerrière de Buchères (Aube), avec une fibule à décor de corail, IVe s. avant notre ère.
- © Denis Gliksman / Inrap

Si nombre de chercheurs ont souvent réfléchi aux rituels funéraires à partir de la société des vivants, voire au traitement du défunt, Éric Crubézy, professeur d’anthropobiologie à l’Université Toulouse III et directeur du laboratoire « Anthropologie moléculaire et imagerie de synthèse », s’attache, quant à lui, au point de vue des participants.  

Embaumé, séché, fumé, brûlé, mangé, les sociétés humaines, ont, semble-t-il, tout tenté autour du corps… D’ailleurs, Hérodote le relate fort bien « Darius du temps qu’il régnait, appela les grecs et leurs demanda à quel prix ils consentiraient à manger leurs pères, morts. Ils déclarèrent qu’ils ne le feraient à aucun prix… Darius appela les indiens, en présence des grecs, et leur demanda à quel prix, ils accepteraient de brûler leurs pères décédés… Ils se récrièrent et prièrent Darius de ne pas prononcer de paroles de mauvaise augure… Telle est, dans ce cas, la force de la coutume ». 

Malgré la diversité apparente, peut-on, à travers le monde, relier des pratiques aussi différentes ? Pour Éric Crubézy, trois étapes paraissent structurer l’ensemble des rites funéraires : voir, cacher, sacraliser. Ainsi, existerait-il un fond commun à toutes les pratiques funéraires à travers le monde ?

Pour aller plus loin

>>> Article d'Arlette Leroi-Ghouran "Shanidar et ses fleurs" - 1998 (Persée)

>>> Articles thématiques (Inrap) : l'archéologie de la mort

Références

L'équipe

Vincent Charpentier
Vincent Charpentier
Sandrine Chapron
Collaboration
Vanessa Nadjar
Réalisation