Le site de Stonehenge, un des plus célèbres du Royaume-Uni
Le site de Stonehenge, un des plus célèbres du Royaume-Uni ©Getty - © Captain Skyhigh / Collection Moment
Le site de Stonehenge, un des plus célèbres du Royaume-Uni ©Getty - © Captain Skyhigh / Collection Moment
Le site de Stonehenge, un des plus célèbres du Royaume-Uni ©Getty - © Captain Skyhigh / Collection Moment
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Le mégalithe de Stonehenge, en Angleterre, est sans conteste un des monuments les plus exceptionnels que nous a fait parvenir l’Europe préhistorique, un de ces sites fréquentés chaque année par plus d’un million de visiteurs.

Si ce site a suscité mythes et légendes, folklore et spéculation, il est aussi, aujourd’hui, source de néo-druidisme, culte celtique vénérant les esprits de la nature - désormais religion reconnue en Grande-Bretagne - et rassemble ses adeptes au cœur du monument, durant les solstices…

Cyril Marcigny "Le druidisme est une des religions acceptées par l'Angleterre. Je crois que le chef des druides, actuellement, c'est Pendragon, si mes souvenirs sont bons, et, eux, ils ont le droit d'aller déambuler au milieu des pierres de Stonehenge, ce qui n'est plus possible maintenant pour les visiteurs,"

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Des adeptes du druidisme célèbrent la fête païenne du solstice d'été du 21 juin, à Stonehenge (sud de l'Angleterre)
Des adeptes du druidisme célèbrent la fête païenne du solstice d'été du 21 juin, à Stonehenge (sud de l'Angleterre)
© AFP - © CHRIS J RATCLIFFE

Un édifice complexe

Ce que le visiteur voit de ce gigantesque mégalithe, c’est bien entendu un grand cercle de pierres, le cromlech, des dalles verticales sur lesquelles reposent encore des linteaux. Pour autant, bien d’autres structures enserrent ce monument : des fossés, des talus, d’autres cercles sans aucune pierre, des tumuli, une allée monumentale menant à une rivière (l’Avon), tous témoins d’aménagements successifs et couvrant une longue période entre Néolithique et âge du Bronze.

Claude Mordant "J'ai eu deux fois l'occasion de me rendre à Stonehenge : une première fois, en 1976. A cette époque, on pouvait déambuler entre les grandes pierres et c'était véritablement impressionnant. La puissance que l'on pouvait ressentir, au sens vrai du terme, en particulier sous le portique, sous les élites, était vraiment perceptible. Mon fils, qui était petit à l'époque, a joué à cache-cache entre les pierres et l'on pouvait véritablement s'approprier le site. La seconde fois, quelques quinze ans plus tard, nous étions cantonnés sur une espèce de péribole et nous cheminions autour sans avoir le droit de s'approcher des pierres. Et là, c'était nettement moins bien !"

Deux types de pierres composent l’édifice : un grès gris dit de « Sarsen » mais surtout ce que l’on appelle les « pierres bleues », à l’origine lointaine, celle des collines de Preseli dans le sud-ouest du pays de Galles, ayant nécessité un long transport.

Cyril Marcigny "C'est un site dans un environnement très impressionnant. On pense toujours à Stonehenge, mais il se passe d'autres choses autour. Il y a plein d'autres monuments, d'autres "henges" et d'autres mégalithes qui forment un tout. En fait, nous sommes sur un petit territoire, un sanctuaire, ce qui en fait un site (presque) unique en Europe."

D’autres "Stonehenge" en Europe ?

Neil Wilkin, (conservateur britannique et spécialiste de l’âge du Bronze), voit au travers de Stonehenge, une histoire qui transcende la plaine de Salisbury, et même la Grande-Bretagne, pour s'étendre loin en Europe continentale. Toutefois, bien d’autres cromlechs sont attestés en Europe. En 1998, sur les rivages du Norfolk, un étonnant cercle de bois était mis au jour : «  Seahenge ». Construit au printemps et à l'été 2 049 avant notre ère, il se compose de 54 poteaux de chêne avec en son centre, un chêne avec les racines tournées vers le ciel.

Site de Seahenge (Norfolk au Nord-Est de la Grande-Bretagne)
Site de Seahenge (Norfolk au Nord-Est de la Grande-Bretagne)
© Getty - © Heritage Images / Collection Hulton Archive
Site de Pömmelte, district de Salzlandkreis, en Saxe-Anhalt (Allemagne)
Site de Pömmelte, district de Salzlandkreis, en Saxe-Anhalt (Allemagne)
© Maxppp - © Stephan Schulz / dpa / picture-alliance/Newscom

Cyril Marcigny "Ce qui est très intéressant, c'est que quand on prend ces trois monuments, Stonehenge, Pömmelte et Schönebeck (Allemagne), et qu'on les superpose, la partie centrale fait une cinquantaine de mètres et la partie externe, une centaine de mètres, donc on retrouve à peu près les mêmes dimensions.  Il y a une sorte de standard derrière tout ça, aussi chronologique. Tous ces monuments connaissent un grand développement à partir de 2 700 ans avant notre ère, qui va continuer jusqu'à la fin de la période campaniforme, vers 2 000 ans avant notre ère."

En Allemagne, le sanctuaire circulaire de Pömmelte (2 335 - 2 050 avant notre ère), est lui aussi construit en bois. Sa reconstitution a nécessité 1 200 troncs d’arbres.

Le cromlech de Guadalpera, à El Gordo, région de Campo Arañuelo dans l'Estrémadure (Espagne)
Le cromlech de Guadalpera, à El Gordo, région de Campo Arañuelo dans l'Estrémadure (Espagne)
© Getty - © Pablo Blazquez Dominguez / Collection Getty images news

En Espagne, le cromlech de Guadalpera, enfoui sous un lac, est réapparu durant l’été 2022, à la faveur de la sécheresse. Celui-ci se compose de quelques 140 menhirs. En France, bien des cromlechs sont présents, un des plus célèbres étant sans aucun doute celui de l’île d’Er Lannic, pour partie submergé par les eaux du Golfe du Morbihan.

Le site d'Er Lannic dans le golfe du Morbihan
Le site d'Er Lannic dans le golfe du Morbihan
© AFP - © Loïc VENANCE

Temple solaire ou détecteur d’ondes sismiques ?

Stonehenge (qui signifie pierres suspendues) a été perçu comme le témoin d’une légion romaine pétrifiée par la sorcellerie de Merlin, un gigantesque et primitif détecteur d’ondes sismiques, mais on s’accorde désormais à y voir un véritable calendrier solaire.

Le mégalithe aux solstices d'été (ou d'hiver)
Le mégalithe aux solstices d'été (ou d'hiver)
© Getty - © Gail Johnson / Collection Moment

Cyril Marcigny "Tous ces monuments sont orientés sur différents facteurs cosmiques, les solstices par exemple, que l'on peut viser entre les pierres. A Stonehenge, c'est encore plus simple de viser les solstices, car on a des espèces de pierres qui se mettent dans l'axe des visées. Pour les autres ("Stonehenge"), on peut juste assister lors des solstices, à l'entrée du soleil, entre des dalles qui ont généralement une configuration un peu différente."

A Stonehenge, le système semble basé sur le soleil et ses solstices. L'axe de Stonehenge est orienté du nord-est vers le sud-ouest. Cette ligne relie le lever du soleil durant le solstice d'été (au nord-est) et le coucher de celui-ci lors du solstice d'hiver (au sud-ouest). Stonehenge serait donc un calendrier solaire perpétuel. A Seahenge, l’étroite entrée de l’édifice est alignée sur le soleil levant de la mi-été. De savants calculs tendent à montrer que 365,25 jours solaires constituaient la base d’une année.

Le disque de Nebra (exposé au musée d'état de la préhistoire de Hal, en Saxe-Anhalt, Allemagne)
Le disque de Nebra (exposé au musée d'état de la préhistoire de Hal, en Saxe-Anhalt, Allemagne)
© Maxppp - © NEIL HALL / EFE / Newscom

Découvert en Allemagne, le disque de bronze et d’or de Nébra est un disque céleste de 32 cm de diamètre, daté d’environ 1 600 avant notre ère. Pour nombre de chercheurs, il s’agit de la plus ancienne représentation de la voûte céleste, avec les figurations de la lune, du soleil et de sept étoiles : celles des Pléiades, un char soleil voire la voie lactée.

Cyril Marcigny "Je pense que dès le néolithique, on sait observer les astres, les comprendre en tout cas, et savoir que ça revient régulièrement à un certain moment de l'année. Les outils que sont Stonehenge, Nebra, ce sont des outils d'enseignement, qui permettent d'aller un peu plus loin que ce qui s'est peut-être passé au néolithique."

Pour aller plus loin

Références citées

Quelques vidéos

L'équipe

Vincent Charpentier
Vincent Charpentier
Vanessa Nadjar
Réalisation
Sandrine Chapron
Collaboration