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C'est avec la lecture des oeuvres poétiques d'Aragon qui viennent d'être publiées dans la Pléiade (sous la direction d'Olivier Barbarant et préfacées par Jean Ristat) et avec la figure de Romain Gary que le carnet nomade abordera la question du "je" et de ses variantes. On sait que dans "Le Roman inachevé", Louis Aragon avait tenté une forme autobiographique qui mêlait le vers et la prose, le fragment, le dessin, comme s'il voulait explorer toutes possibilités de la langue française pour décrire un être en proie à un chaos intérieur, façonné à la fois par l'Histoire et par sa vie intime. Un être fait d'étoilements inconciliables, qui croit passionnément en la poésie des "mages romantiques" et qui est confronté à la désillusion historique. Le livre sort en 1956, au moment de l'intervention soviétique en Hongrie. Comment chanter dans le désenchantement ? Telle est la question principale de ce roman qui reste une des oeuvres majeures du 20ème siècle ? Une question qui résonne si fort à nos yeux d'aujourd'hui, une question à explorer, à reposer sans cesse. "Je chante pour passer le temps..."écrit Aragon dans ce poème dont on connaît désormais la mélodie à travers la voix de Léo Ferré. "Et le roman s'achève de lui-même. J'ai déchiré ma vie et mon poème. Plus tard plus tard on dira qui je fus." Dans un tout autre registre, Romain Gary a joué sa vie au double "je", empruntant simultanément le nom de Romain Gary et celui d'Emile Ajar. Paul Audi reviendra sur ce grand écrivain tourmenté lui aussi par l'Histoire et hanté par la langue française, qu'il considérait comme sa compagne salvatrice. "Je me suis toujours été un autre", disait-il. Peut-on dans ces conditions prétendre savoir qui il est, demande Paul Audi.

Références

L'équipe

Colette Fellous
Production
Vincent Decque
Réalisation
Thierry Beauchamp
Collaboration