La lettre au père

France Culture
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C'est autour de la figure du père que va se construire ce carnet nomade, avec deux récits en miroir. Le premier est celui du peintre Gérard Garouste qui revient pas à pas sur les ravages de son éducation qu'il nomme une "grande duperie", avec un père qui était marchand de meubles et récupérait pendant la guerre les biens des déportés. Gérard Garouste, de manière lucide et terrible, nous raconte comment il a été traversé par des crises de délire qu'il a dû surmonter et comment la peinture l'a aidé à dépasser cet enfer : "L'enfance et la folie sont à mes trousses. Longtemps je n'ai été qu'une somme de questions. Aujourd'hui, j'ai soixante-trois ans, je ne suis pas un sage, je ne suis pas guéri, je suis peintre. Et je crois pouvoir transmettre ce que j'ai compris." Le second récit est celui de Gwenaëlle Aubry qui a construit, sous la forme d'un abécédaire, un roman intitulé "Personne" qui met en scène la folie progressive d'un père qui est devenu étranger au monde et à lui-même, qui cherchait peu à peu à disparaître et à laisser place à tous les autres en lui, position intenable, qui l'a conduit à sa perte. Deux façons différentes de raconter le lien à un père défaillant, deux témoignages bouleversants.

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