France Culture
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François Angelier revient ce matin sur le sixième long-métrage du polonais Jerzy Skolimowski, Le Cri du sorcier , sa première incursion dans le domaine du fantastique, dont il prétend exploiter des ressorts dépouillés du moindre « effet spécial ».

Le Cri du sorcier
Le Cri du sorcier
© Radio France

Soit une bourgade anglaise, éternellement anglaise : orgue à l'office, parties de crickets sur des greens aux vert imputrescible, une mer toujours recommencée rongeant placidement des côtes en charpie, commerces de tradition. 

Néanmoins, un problème : l'organiste, qui joue devant une église vide, use de son office pour tromper sa femme avec celle du cordonnier, le cricket est joué par des internés psychiatriques sur un pâturage maculée de bouses, le ciel sans nuage est rayé de chasseurs supersoniques. 

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Survient dans ce cadre un homme noir, héritier de la magie des aborigènes australiens, diable ou messie, porteur du cri premier, le cri qui tue. Il n'aura de cesse de pulvériser la fausse quiétude de cette bourgade à coups d'assaut magiques et de sabotages. 

Tiré d'une nouvelle de l'écrivain anglais Robert Graves, Le Cri du sorcier (The shoot ) ce chef-d'oeuvre, avec _Deep end, _de la période européenne du cinéaste polonais Jerzy Skolimowski, incarne au mieux l'utopie des années 70 : loin du conformisme et l'hypocrisie sociale, renouer avec la fureur première du monde, relancer l'épopée spirituelle : Artaud meets Donovan. Prix du jury à Cannes en 1978. Un DVD et Blu-ray Elephant films.

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Nicolas Martin
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