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Ce matin, je vais me servir de vous, et des gens présents en studio, ainsi que des auditeurs pour me livrer à une petite expérience, si vous le voulez bien…

onde de son
onde de son

Cette chanson, c’est le tube des Backstreet Boys en 1997… et l’expérience, très concluante, c’est que vous vous êtes TOUS mis, sans exception, à battre le rythme d’une façon ou d’une autre…

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Et c’est de ça dont il est question aujourd’hui, du sens du rythme. Si je vous ai mis ce morceau, ce n’est pas par goût personnel, c’est parce que c’est sur ce morceau, dans une vidéo virale sur internet, qu’un perroquet, Snowball, dansait sur un canapé, en levant la pate et en bougeant la tête, vous vous en souvenez peut-être…

Suite à cette vidéo, postée en 2007, des neuroscientifiques ont conclu que le sens du rythme était intimement lié à la faculté de vocaliser - ce qui semble assez logique - et qu’il serait même une étape préliminaire à l’apparition du langage. Une sorte de proto-langage musical qui reste profondément ancré dans notre cerveau.

Ce qui expliquerait, par exemple, qu’en boite de nuit, quand vous ne pouvez plus parler à votre partenaire à cause du niveau des décibels, et bien la danse remplace la parole, et le sens du rythme reprend sa fonction sociale initiale.

Mais, parce qu’il y a forcément un mais… deux nouvelles expériences, avec une otarie, et une femelle bonobo, tendent à prouver que « la sensibilité à la pulsation régulière d’un son » ne serait pas réservée aux SEULES espèces capables de vocaliser. Ce qui change beaucoup de choses. Pourquoi l’évolution aurait-elle doté de très nombreuses espèces de cette sensibilité au tempo, si ce n’est pour TOUTES les doter de facultés langagières… ?

Et bien peut-être parce que le secret du sens du rythme réside au plus profond de notre cerveau. Il y a plusieurs types d’ondes dans notre cerveau : les ondes alpha, qui battent à 10 oscillations par seconde, d’autres ondes plus lentes, et d’autres plus rapides.

Et bien si vous écoutez le morceau des Backstreet Boys, qui est à un rythme de 130 BPM, soit le double d’une fréquence cardiaque normale, l’équivalent de votre cœur quand vous faites un jogging. Donc, quand vous écoutez ce morceau, les ondes alpha du cerveau se réorganisent pour se caler systématiquement sur le tempo… idem pour les ondes bêta, plus rapides, dont le pic se cale toutes les 10 oscillations. Bref, notre cerveau se synchronise sur la musique;

Or, d’autres expériences montrent que cette synchronisation a un effet très net sur les facultés cognitives : quand vous écoutez un rythme régulier, votre capacité de concentration est améliorée, votre cerveau réagit plus vite.

Alors, qu’est-ce que ça va changer… et bien on se doute, maintenant, que le sens du rythme pourrait être un avantage génétique, en termes de sélection naturelle, permettant de chanter, danser ensemble et d’améliorer la cohésion du groupe, mais aussi servir d’instrument de séduction et de sélection sexuelle…

Pour voir Snowball, le perroquet qui danse, c'est par ici...

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Nicolas Martin
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