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La Food and Drug Administration, l'agence américaine en charge de contrôler les résultats d'essais cliniques, aurait couvert pendant des années des fraudes et permis la mise sur le marché de médicaments dont les études étaient, au mieux biaisées, au pire truquées.
Figurez-vous, Marc, que pendant que vous profitiez des charmes de l'Orient dans votre hôtel SPA cinq étoiles à Téhéran... eh bien nous ici, nous nous interrogions sur la défiance autour du discours scientifique et notamment autour de la vaccination, mise en question par un nombre grandissant de personnes, ce qui a même conduit aux États-Unis à un retour de la rougeole, maladie qui avait pourtant été officiellement éradiquée du territoire nord-américain depuis le début des années 2000.

Louison le 12 février 2015
Louison le 12 février 2015
© Radio France - Louison

Les auditeurs ont pu entendre le témoignage d'un avocat, maître Jean-Pierre JOSEPH, qui expliquait les raisons de son opposition à la vaccination obligatoire, et la difficulté qu'éprouvait selon lui la communauté scientifique à interroger ses pratiques et à se remettre en cause. Point de vue qui a été fermement contesté par nos deux invités, Etienne KLEIN et Caroline TOURBE.

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Grands Dieux, quelle boite de Pandore ne venions-nous pas d'ouvrir. Adorateurs des vaccins, grands promoteurs de l'allopathie, vendus aux laboratoires... bref, nous étions devenus les factotums de l'industrie pharmaceutique, certainement soudoyés par quelques caisses de gros billets, ou à tout le moins payés notre poids en paracétamol.

Les laboratoires pharmaceutiques dont on connaît pourtant la probité, l'exemplarité au même titre que les organismes publics chargés de contrôler leur activité...

Tenez, la preuve en est au Etats-Unis : chez nos cousins américains, c'est la Food and Drug Administration qui est en charge de contrôler la mise sur le marché de nouveaux médicaments, l'équivalent de notre Agence Française du Médicament... vous savez, l'ANSM qui a mis des mois et des mois à retirer le Médiator du marché... eh bien figurez-vous qu'outre Atlantique, ce n'est pas pareil. C'est pire.

Un journaliste américain, Charlie SEIFE, vient de révéler dans la revue JAMA Internal Medecine, ainsi que sur la version américaine de Slate, que la FDA avait étouffé, depuis 1998, une soixantaine d'essais cliniques qui présentaient soit des biais, soit des erreurs, soit carrément des falsifications et permis la mise sur le marché des médicaments liés à ces études. Entre 1998 et 2013, seuls trois essais cliniques ont fait l'objet d'un signalement de la FDA.

Alors, que s'est-il passé précisément ? Eh bien il s'avère, selon l'enquête de Charlie SEIFE, que lorsque la FDA découvrait des erreurs ou des fraudes, elle se contentait de les signaler, de façon totalement confidentielle, au laboratoire concerné, sans ne jamais alerter ni le public, ni les établissements médicaux, et encore moins la communauté scientifique. Et quand on parle d'erreurs ou de fraudes, la liste est totalement ahurissante : des rapports de rayons X falsifiés, des scanners de la rétine inventés de toute pièce et même des amputations dissimulées par les laboratoires... et toutes ces informations, à portée de main, puisque la FDA produisait des rapports qu'elle envoyait aux auteurs de l'étude, sauf que la chaîne d'information s'arrêtait là. A ce simple courrier notifiant les tricheries, les impostures, les falsifications d'études, etc. Puis plus rien.

Avec des conséquences non seulement de santé publique, sur la dangerosité des médicaments commercialisés suite à ces études faussées, mais aussi sur toute la chaîne de recherche puisque ces études étaient, de facto , rendues valides par la FDA. Et donc prises pour argent comptant comme base pour d'autres études, et ainsi de suite.

Contactée par l'agence REUTERS, la FDA a simplement assuré qu'elle veillerait à plus de transparence dans le but d'améliorer la compréhension du public... un communiqué de pure langue de bois. D'après Charlie SEIFE, des résultats truqués au cours d'essais pour une chimiothérapie auraient conduit au décès d'un patient. Dans le silence le plus complet.

Voilà donc, rétabli, je l'espère, notre inexcusable complaisance vaccinatoire de mardi auprès des grands et nobles laboratoires pharmaceutiques... maintenant que ce travail a été fait outre-Atlantique, à quand une plongée dans les rapports de l'ANSM pour s'assurer que l'affaire du Mediator n'aura été, espérons-le, qu'un cas unique et pas la face émergée de l'iceberg.

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Nicolas Martin
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