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L'un des talents forts de la scène electro française publie cette semaine un disque onirique.

Vous n’êtes pas dans un jazz aquatique (malgré la trompette d’un certain Toshinori Kondo) mais dans l’Acid Reflux, c’est le titre de ce morceau du nouvel album de RONE. Rone c’est Erwan Castex, alias RONE (sans H ni côtes) un des talents forts de la scène electro française, apparu en 2008, rapidement repéré en France et à l’étranger avec un goût certain pour la Science-fiction : dans un de ses premiers morceaux « BORA » on entendait la voix de l'écrivain Alain Damasio (auteur fantastique connu notamment pour La Zone du dehors, roman d’anticipation dans une société de contrôle sous modèle démocratique).

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Rone publie cette semaine son troisième album : Créatures ou CREATURES (en anglais) un disque onirique qui est aussi illustré -comme ses concerts- par des projections de petits ou grands personnages qui font un peu penser aux créatures fantastiques des Studios Ghibli (Hayao Miyazaki) avec les oreilles pointues de Max et les Maximonstres (Maurice Sendak), une sorte d’onirisme familier avec des voix pas tout à fait inconnues, comme celle Etienne Daho qui habite ce titre « Mortelle ».

RONE, garçon lui aussi décrit comme réservé et modeste malgré quelques signes de réussite plutôt encourageants : plus de 20 000 exemplaires vendus de son précédent album (il est encore rare de voir des artistes electro jouer à l'Olympia) ; Rone également approché par des musiciens comme Jean-Michel Jarre, on peut voir par ailleurs une certaine filiation entre ces deux générations compositeurs par machines. Mais là où la présence de la voix humaine est assez rare chez Jarre (Natasha Atlas ou Laurie Anderson) elle prend une autre place dans la musique de RONE : avec la sienne d’abord, celle de sa fille, d’une chanteuse québécoise (Sea Oleena) ou encore Frànçois Mary, ou Frànçois, sans ses Atlas Mountains...

« Quitter la ville » titre un rien biographique de la part de RONE puisque après le Maroc (dont il ne garde aucun souvenir) la porte de St Cloud où il a grandit, Rone a ensuite vécu à Berlin, puis Dreux, puis Paris à nouveau (surprise pour celui qui avait écrit « Bye Bye Macadam »)

Rone qui confiait récemment au magazine Tsugi que ce mot de Flaubert avait comme validé son ambivalence de timide créatif : « Soyez réglé dans votre vie ordinaire comme un bourgeois afin d'être violent et original dans vos œuvres ». Lettre à Gertrude Tennant (25 décembre, 1876 - p. 6481 Arvensa Editions)

**extraits diffusés ** :

Acid Reflux

Mortelle

Quitter la ville

Memory

Creatures (In Finé)

Références

L'équipe

Matthieu Conquet
Production