France Culture
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« L’indifférence familière » sans doute pas pour vous, et plus pour très longtemps en ce qui concerne celui qui chante ces mots : un jeune anglais originaire de Shoreditch un quartier de l'Est de Londres, il s’appelle James Greenwood encore inconnu pour beaucoup mais le nom qu’il a choisit l’est de moins en moins, on parle beaucoup de lui en Angleterre comme ici ; son premier album qui parait aujourd’hui est l’une des sorties remarquables de ce début 2015 : son nom Ghost Culture. Traduisez « Culture fantôme » Un pseudonyme mystérieux, porteur de sens et de sons pour ce qui ressemble à un chant de la machine. Des chansons qui peuvent même changer de couleur en cours de route…

« Force et douceur » je ne vous parle pas de café soluble mais des bras que l’on vient d’entendre : « ARMS » un des titres de ce premier album de Ghost Culture. Un jeune rouquin de 24 ans, le regard fixe sur les quelques photos qu’on peut trouver de lui, à la fois crooner avec une distanciation glacée très décennie 80, simplicité apparente et détails sophistiqués.

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Ce pseudonyme de Ghost Culture, de culture fantôme, c’est selon lui un commentaire, une métaphore personnelle pour évoquer la superficialité, crainte à la fois d'un excès de confiance en la technologie, et d'un art destiné à n’être qu’une source de revenu en lieu d'une réflexion. Et les reflets sinon les sujets sont nombreux chez Ghost Culture : dans une forme qui pourrait rappeler parfois Depeche Mode ou d’autres anglais ténébreux, il parle de la peur de l'inconnu ou de souvenirs de vacances sur l'île de la Giudecca, (près de Venise) d'amour bien sûr, avec même un petit clin d’œil littéraire puisqu'une de ses chansons (Glaciers) s'inspire d'un poème de W.H Auden. Tiens, c’est celle-ci : Glaciers.

Derrière la voix très mélancolique (voire désespérée) de Ghost Culture, une musique née de la rencontre avec un jeune et vieil instrument : le KORG (modèle Mono/ Poly pour être précis) date de 1981… l'essentiel des sons et de la texture de l'album sont produits par ce synthétiseur analogique. Parmi les trouvailles sonores de ce premier album d’un garçon qui était jusque là ingénieur studio pour d'autres : l’usage d’un microphone de tank (un Tannoy pour être précis) utilisé dans Giudecca idée soufflée par son « directeur» Erol Alkan. Passé cette parenthèse technique, si Happy a pu être un mantra qui se répétait presque à l’infini en 2014, gageons que la chance ou le « Lucky » de Ghost Culture pourrait seoir à janvier 2015, et plus encore.

Extraits diffusés :

Mouth

Arms

Glaciers

Lucky

Ghost Culture (Phantasy Records)

Concert : 13 février festival Generiq Noumatrouff, Mulhouse

Références

L'équipe

Matthieu Conquet
Production