France Culture
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Ibeji ou la figure des "dieux jumeaux" du culte yoruba incarnée par deux chanteuses. Difficile de passer à côtés de ces deux sœurs Diaz ces derniers jours, inconnues il y a un an et désormais partout sur la toile et les presses, on les attend prochainement sur les scènes de Paris, Prague, Chicago, Berlin ou Montréal. 20 ans tout juste, et un premier album (signé chez XL recordings) qui attire déjà comme un aimant.

Vous entendez ici Lisa-Kaïndé (qui signe textes et mélodies, celle qui porte la coupe afro) et sa soeur Naomi aux percussions (cheveux lisses et regard jade), je vous encourage à voir le clip du morceau que vous entendez « River » elles apparaissent en apnée et ne sortent de l’eau que pour chanter à tout de rôle, assez saisissant. La plongée qui est un peu le signe de ce disque à deux visages : « negro spritual contemporain » selon leur expression, plein d’échos du passé, à la fois personnel et collectif : on va de la culture Yoruba à la figure de leur père, musicien disparu, qui surgit ici dans un extrait de « Round’ Midnight ».

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IBEYI premier album habité de quelques fantômes (qui les accompagnent par la présence de deux bougies sur scène) celui de leur grande sœur et de leur père, le percussionniste Miguel (Anga) Diaz, proche de Chucho Valdès, Ibrahim Ferrer et Ry Cooder (le sillon du Buena Vista Social Club). Sa disparition 2006, alors qu’elles avaient 11 ans, aurait déclenché ce besoin de musique chez les deux sœurs, comme une conversation au-delà du temps et de la matière.

Matière assez simple en apparence sur les choix sonores, mais habillé de textures subtiles, un disque d’épure sinon d’économie voulue, où chaque chanson file sur un droit sillon, quitte à jouer avec les silences comme dans Weatherman (celui qui prédit l’avenir). Les soeurs d’Ibeyi se dissent pleines de croyance plutôt que de religion : si l’album commence par un chant yoruba destiné à un orisha, une divinité du destin dans la santeria cubaine, difficile d’entendre autre chose que la parole de deux jeunes filles contemporaines, amoureuses, reconnaissantes et inquiètes pour leur mère.

Notons que le vaudou semble porteur de chance en musique quand il porte tout un projet musical comme chez Vaudou Game. La sincérité d’un chant s’entend dès la première écoute et puisqu’un certain Benjamin Constant a réalisé quelques-unes des premières maquettes du duo, ce mot de l’auteur homonyme d’Adolphe qui se trouve contredit ici : « Nous sommes des créatures tellement mobiles que les sentiments que nous feignons, nous finissons par les éprouver. »

extraits diffusés :

River

Think of You

Weatherman

Ghost

Ibeyi (XL Recordings)

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