France Culture
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Shamir « Ratchet
Shamir « Ratchet
© Radio France

**** «* Make a scene* » faire une scène ou créer l’événement, c’est Shamir Bailey qui le recommande, et on ne peut que le suivre. Né en 1994 dans le Nevada, Shamir se fait remarquer il y a deux ans par un label de Brooklyn (de l’autre côté des Etats-Unis), ses premiers clips ont déjà dépassé le million de vues sur You Tube et sort ce mois-ci son premier album « Ratchet ».

Ratchet : mot d’argot difficile à traduire, disons poliment « une diva du ghetto qui se trompe sur l’attention que lui portent les autres ».

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Autrement dit un égo sur patte, comme il arrive à chacun de nous d’en croiser, un jour ou l’autre au travail, ou en politique.

Ce jeune chanteur n’a pas tout réussi seul (même s’il se revendique avant tout du DIY) il est parrainé, accompagné et produit par Nick Sylvester, fondateur du label Godmode et ancien contributeur du site Pitchfork, autrement dit un leader d’opinion en matière musicale. Shamir ne parle pas directement de politique dans ce premier album mais surtout d’amour, et sa profession de foi s'apparente à celle d’un militant débutant : « Je préfère être naïf que cynique ». Et il en va parfois de l’amour comme en politique : « In for the kill ». Entendez « entrer au combat avec la ferme intention d’écraser l’autre, être sans pitié ». Ce que regrette Shamir dans un de ces morceaux aigre-doux. A 20 ans déjà Shamir tire des leçons de conduite de ses échecs : « Je reviendrais un jour, et cette fois-ci je ne ferai plus la même erreur ». On croirait entendre Alain Juppé.

Shamir champion de l’ouverture : se revendique autant de Prince que de Taylor Swift aime à la fois la country et le punk, il dépasse tout classement catégoriel ou fichage, se définit comme « ni gay, ni noir, ni queer, je suis Shamir, un point c'est tout. »

Sens de la famille sinon politique, du moins généalogique, écoutez ce titre coécrit avec sa tante Mila : « Vegas, la ville où le pêché est permis, du moins la nuit » le tout d’une voix qui semble ne pas avoir muée. Selon lui ce n’est pas un falsetto mais une voix naturelle, haute et innocente presque à l’entendre. Jeune génération oblige, Shamir croise les genres, sexuels, musicaux et vestimentaires : dreadlocks montés en pompadour, chemises roses et piercing dans le nez, mains manucurées et attitude rap, un look qui selon lui se situe « entre Alicia Keys et le Prince de Bel-Air ». On se quitte sur un morceau aussi politique qu’amoureux, puisque chacun revendique toujours la rupture, en amour comme en politique : « Call it off »

**Extraits diffusés ** :

Make a scene

In for the kill

Vegas

Call it off

Shamir « Ratchet » ( XL recordings)

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