France Culture
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 1900-1960 – L’Opéra de Paris
1900-1960 – L’Opéra de Paris
© Radio France

Grésillements et voix d’outre-bande : l’histoire de l’Opéra National de Paris racontée par ses archives et la radio, c’est le propos de ce coffret « 1900-1960 – L’Opéra de Paris, Une Histoire Sonore » . Il y a 10 CD et 13 heures de musique dans le petit boitier, mais les auteurs regrettent qu’il n’y en ait pas plus. Comment faire entendre tout ce qui a pu être créé, redécouvert ou mis en scène en 60 ans dans le Palais Garnier, que ce soit de Jean-Philippe Rameau et ses Indes Galantes (dont on entend au début un extrait de la captation de 1954 pour la radio) mais aussi Gluck, Meyerbeer, Gounod, Verdi, Massenet, Saint-Saëns, Fauré...

Combien compositeurs ont créé et parfois eux-mêmes interprétés leur œuvres dans « la grande boutique » comme disait Verdi, souvent en froid avec l’institution. Côté chef et chanteuse, écoutez ici Renée Esposito, née à Alger elle avait fait son entrée à l’Opéra de Paris en 1959, elle chante l’air de Dircée ici dans Médée de Cherubini, on est en 1962, l’orchestre est dirigé par Georges Prêtre.

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On y apprend dans le livret la stabilité instaurée par Jacques Rouché qui a dirigé l’Opéra de 1914 à 1945, que Richard Strauss y a conduit l’orchestre, les succès de Régine Crespin et Gabriel Bacquier bien sûr… mais aussi, bien avant, ceux de Marguerité Mérentié : elle chantait Ariane de Massenet en 1905, on peut supposer que Proust l’a entendu, qu’elle a connu Sarah Bernhardt mais on perd sa trace après la guerre…

Il y a ici un fort parfum de siècles passés, à la seule écoute de certains sons, pas seulement à cause de la qualité du support, mais aussi pour une certaine façon de dire : écoutez Ernest Blanc chanter l’air de Wolfram dans Tannhäuser de Wagner, on est en 1957, forcément on le chante alors en français… L’occasion de se rappeler que Wagner ne connaitra pas que des succès avec l’Opéra de Paris. Tannhäuser fera scandale à cause d’une scène de danse, et il lui faudra 30 ans avant de pouvoir présenter Lohengrin en 1891. On se quitte avec un opéra créé en France en 1957 ; Dialogue des Carmélites de Francis Poulenc, avec deux des chanteuses chères au compositeur : Denise Duval et Liliane Berton « Oh, Sœur Blanche… »

Extraits diffusés :

Introduction de la RTF, 1954 Palais Garnier

Jean-Philippe Rameau - Les Indes Galantes de « La terre, les cieux et les mers » Damon & Zima (par Henri Leguay, Geory Boué) orchestre de l’Opéra de Paris sous la direction de Louis Fourestier, 1954.

Cherubini – Médée « Hymen viens dissiper une vaine frayeur » par Andrée Esposito, orchestre de l’Opéra de Paris sous la direction de Georges Prêtre, 1962.

Wagner – Tannhäuser « Romance à l’étoile » par Ernest Blanc, concert Radio de Louis Froment, 1957.

Poulenc – Dialogue des Carmélites « Oh, Sœur Blanche… » Constance, Soeur Blanche (par Liliane Berton et Denise Duval, créatrices) orchestre de l’Opéra de Paris sous la direction de Pierre Dervaux, 1958.

Coffret : 1900-1960 – L’Opéra de Paris, Une Histoire Sonore (L’Opéra National de Paris, Malibran)