France Culture
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Le groupe que vous entendez ne vient pas de Manchester au moment du deuxième choc pétrolier mais de 2015 du côté de Rostov sur le Don, à 900 km de Moscou, à une heure de la frontière Ukrainienne.

« Les pieds couverts d’épines (...) une vie laide dans un verre vide », on ne s’amuse pas farouchement chez Motorama. Rostov sur le Don côté musique est plutôt connue comme la capitale du Hip Hop et du R’nB Russe, on imagine la solitude d’un groupe comme Motorama dans un contexte peu favorable au rock indépendant : à part quelques salles de concerts adaptées à Moscou et Saint Petersbourg, l’absence de critique, de presse musicale et de relai radio vous conduit à tout faire vous-même à Rostov sur le Don explique Vladislav Parshin, le leader du groupe.Une ville synonyme d’ennui et de routine selon lui, définissant ainsi le rapport de sa ville à sa musique (dans Magic) « idéale si l’on désire se sentir isolé du monde – et je crois que ce sentiment nous réussit plutôt bien »

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Dispersed Energy : « il y a quelque chose de pourri dans l’air » chante Vlad, avec des accents Shakespearien. Vous vous en doutez Motorama sont plus souvent interrogés sur le climat politique en Russie que sur la littérature : politique sujet délicat, peut-être trouve-t-on plus de réponse dans les chansons de Vladislav Parshin quand il chante en russe (avec les mêmes musiciens le groupe s’appelle YTRO qui signifie ‘le matin’ en russe)

Le message de Motorama est placé lui sous le signe de la simplicité extrême. Le titre de l’album : « Poverty », esthétique pauvre donc (?) pour un disque (enregistré en quelques semaines sur un 16 pistes) imagerie noir et blanc, graphisme dépouillé (plus janséniste tu meurs) un peu à la manière des productions du label Factory (éditeur de Joy Division). Mais ici le label de ce groupe russe est français, basé à Bordeaux, c’est l’éminent Talitres.

Vague lourde comme le dit la chanson : Heavy Wave

Il y a un goût certain pour la littérature chez Motorama : Vladislav Parshin (celui écrit et compose essentiellement) évoque à la fois Melville, Apollinaire ou encore Anna Akhmatova parmi ses lectures. Ici plusieurs des textes de l’album sont d’après lui directement sous l'influence du poète, traducteur et éditeur Russe Ilya Kormiltsev (éditeur traducteur et auteur figure de la contre-culture en Russie, disparu en 2007). Ce qui explique peut-être ce dernier titre : Write to me.

extraits diffusés :

Corona

Dispersed Energy

Heavy Wave

Write To Me

Motorama “Poverty” (Talitres)

Références

L'équipe

Matthieu Conquet
Production