Depuis 2005, la plupart des compagnies de métro à Tokyo ont des wagons réservés aux femmes
Depuis 2005, la plupart des compagnies de métro à Tokyo ont des wagons réservés aux femmes ©Maxppp - Eric Lussot / BENELUXPIX
Depuis 2005, la plupart des compagnies de métro à Tokyo ont des wagons réservés aux femmes ©Maxppp - Eric Lussot / BENELUXPIX
Depuis 2005, la plupart des compagnies de métro à Tokyo ont des wagons réservés aux femmes ©Maxppp - Eric Lussot / BENELUXPIX
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Au Japon, rares sont les femmes qui osent dénoncer le sexisme ordinaire ou tout simplement exprimer leur point de vue ! La Journée Internationale des droits des femmes y passe plutôt inaperçue. Seules quelques femmes, à visage découvert, tentent de faire vivre le mouvement MeToo à Tokyo.

Au Japon, la Journée Internationale des droits des femmes passe plutôt inaperçue. Rares sont les femmes qui osent dénoncer le sexisme ordinaire ou tout simplement exprimer leur point de vue ! Pourtant, en novembre dernier, un scandale politico-judiciaire aurait pu lancer un débat sur le tabou du harcèlement et des agressions sexuelles dans l'archipel. La journaliste Shiori Ito a publié un livre dans lequel elle évoque son combat après avoir été violée par un proche du Premier ministre Shinzo Abe.

La police a voulu la dissuader de porter plainte et le principal accusé n'a pas été inquiété par la justice. Mais Shiori a aussi reçu très peu de soutien de la part de ses collègues : dans des shows télévisés, on préfère commenter sa façon de s'habiller plutôt que d'aborder directement le sujet du viol. On évoque les questions morales, plutôt que de s'intéresser à l'histoire de la victime. D'ailleurs, certains vont même jusqu'à la traiter de prostituée sur les réseaux sociaux, quand d'autres remettent en question sa "véritable" identité japonaise : selon les règles de bienséance, une femme au Japon ne doit pas dénoncer ce genre de sujets "honteux" en public. Moins de 4 % des femmes violées osent porter plainte sur le sol nippon. Dans une société verticale, patriarcale, sans culture du débat contradictoire et où règne un idéal d'harmonie sociale, les victimes préfèrent rester tapies dans l'ombre. Seules quelques femmes, à visage découvert, tentent de faire vivre le mouvement MeToo à Tokyo.

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Reportage de Sophia Marchesin. Traduction assurée par Taeko Haga.