Ruines de la cathédrale de Zvartnots (VIIème siècle), un des plus importants sites archéologiques d'Arménie, inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO
Ruines de la cathédrale de Zvartnots (VIIème siècle), un des plus importants sites archéologiques d'Arménie, inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO - Vigen Hakhverdyan
Ruines de la cathédrale de Zvartnots (VIIème siècle), un des plus importants sites archéologiques d'Arménie, inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO - Vigen Hakhverdyan
Ruines de la cathédrale de Zvartnots (VIIème siècle), un des plus importants sites archéologiques d'Arménie, inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO - Vigen Hakhverdyan
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Sébastien de Courtois reçoit Anahide Ter Minassian, auteur de "L'échiquier arménien entre guerres et révolutions 1878-1920" (Karthala)…

Avec
  • Anahide Ter Minassian historienne française d'origine arménienne, enseignante à l'EHESS, maître de conférences à l'Université Paris I

Rediffusion de l'émission du 19 juillet 2015

Longtemps mes parents ont reçu une dame, dikin Marie (madame Marie). Habillée de noir, la tête toujours couverte d'un voile, elle entrait, s'asseyait et se tenait droite et raide au bord de sa chaise. Elle me paraissait très vieille, ce que probablement elle n'était pas. Elle était silencieuse. On m'ordonnait de rester tranquille et de ne pas faire de bruit en sa présence, car elle avait connu de grands malheurs. Elle avait été déportée avec les siens : cela signifiait pour moi qu'elle avait été obligée, par des gendarmes turcs, de quitter sa maison, là-bas, au loin, quelque part en Arménie. Son mari avait disparu en premier, et elle avait marché des jours et des jours dans le désert, avec ses huit enfants. Cette histoire, qui me rappelait celle du Petit Poucet dans un livre illustré que j'avais reçu à Noël, avait une tout autre fin. Les uns après les autres, les enfants étaient morts et elle avait perdu le dernier en arrivant à Alep, une ville-refuge dont j'ai immédiatement mémorisé le nom. Mais elle, elle n'était pas morte (…)

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Anahide Ter Minassian a été maître de conférences à l'Université de Paris1-Sorbonne. Parallèlement, elle a dirigé durant vingt ans à l'EHESS un séminaire consacré à l'histoire contemporaine des Arméniens.

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