Constantin de Slizewicz
Constantin de Slizewicz - Thomas Goisque
Constantin de Slizewicz - Thomas Goisque
Constantin de Slizewicz - Thomas Goisque
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Que reste-t-il des missions catholiques au Tibet ? Une enquête avec l'écrivain voyageur Constantin de Slizewicz.

« La cloche retentit à nouveau. Le père chinois Yao, entouré de ses enfants de chœur, s’approche du feu. La veillée pascale va commencer. Près de soixante ans qu’ils n’avaient pas eu de prêtre dans cette paroisse devenue, comme le reste de la Chine communiste, une chrétienté des catacombes. Soixante ans d’absence depuis le départ des derniers missionnaires chassés par le nouveau pouvoir, laissant derrière eux l’épopée fabuleuse des missions perdues du Toit du Monde ainsi que le dérisoire et raspailien évêché du Tibet, bâti dans le sang et la sueur, la foi et l’incertitude. Il y eut bien quelques tentatives, au Moyen-Âge, tout d’abord avec un audacieux franciscain, puis aux XVIIe et XVIIIe siècles, avec des pères jésuites qui réussirent un temps à s’établir à Lhassa. En témoigne, dans la ville sainte du lamaïsme, la cloche gravée en latin et conservée au Jokhang, premier temple par ordre d’importance du bouddhisme tibétain. Mais il faut attendre vraiment la moitié du XIXe siècle, et le truculent voyage des pères Huc et Gabet, lazaristes, pour que soit donné le coup d’envoi d’évangélisation, que le pape Grégoire XVI confie aux Missions Étrangères de Paris (MEP), déjà aguerries en Chine et en Inde. »

« De 1881 à 1949, onze missionnaires vont ainsi tomber sous les coups des lamas ou de leurs sbires, fusillés, décapités, mutilés" écrit l'auteur dans, Les Peuples oubliés du Tibet, paru chez Perrin en 2007.

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Cela fait dix-huit ans qu’il vit son « rêve chinois ». Constantin de Slizewicz vit entre le Vercors et Shangri-La, sur le plateau tibétain du Yunnan. Sa « caravane Liotard » ressuscite, inlassablement, les voyages de l’explorateur français du début du XXème siècle.

Depuis 2020, il recentre ses activités de marches dans le Vercors à la découverte des chapelles perdues : "Une île haut dressée, disent les uns ; une forteresse naturelle de calcaire, disent les autres. Suivis de nos ânes ou mules, nous vous proposons de partir vers les sentiers de ce plateau aride où l’on se croirait comme sur le Toit du Monde, avec l’étagement surprenant d’une végétation méditerranéenne et d’une végétation de montagne. Terrain de jeu idéal pour de longues échappées, sa morphologie quasi horizontale fait qu’il n’est pas nécessaire d’être un randonneur chevronné pour venir apprécier l’écrasante beauté du Mont Aiguille et toucher le dôme du Grand Veymont – 2341 mètres d’altitude" (Equipée Liotard).