Bernard Laponche à son bureau parisien, le 3 novembre 2022
Bernard Laponche à son bureau parisien, le 3 novembre 2022 ©Radio France - Camille Magnard
Bernard Laponche à son bureau parisien, le 3 novembre 2022 ©Radio France - Camille Magnard
Bernard Laponche à son bureau parisien, le 3 novembre 2022 ©Radio France - Camille Magnard
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Après avoir participé à la mise en œuvre des premiers réacteurs nucléaires français au sein du CEA, Bernard Laponche est devenu après mai-68 l'un des plus influents pourfendeurs de la filière nucléaire française. Il s'engage aujourd'hui dans le débat public sur la relance voulue par Emmanuel Macron.

Avec
  • Bernard Laponche Ancien ingénieur au CEA, physicien nucléaire, expert en politique énergétique, membre de l’association Global Chance.

C'est un militant à part, dans le milieu des opposants à l'énergie nucléaire en France : à 84 ans, Bernard Laponche a la légitimité de ceux qui ont connu, de l'intérieur, la réalité de la filière scientifique et industrielle de l'atome. Après des études à Polytechnique, il est rentré en 1961 au Commissariat à l'Energie Atomique (CEA), à la grande époque gaullienne où la conception de centrales nucléaires était une question de grandeur nationale. D'abord cantonné aux calculs théoriques sur les premiers réacteurs graphite gaz, il raconte une filière de l'atome très cloisonnée, dans laquelle les chercheurs n'avaient aucune idée de ce qui se jouait dans les centrales, les questions de sûreté, de gestion des déchets radioactifs, de conditions de travail des ouvriers du nucléaire.

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Il aura fallu l'appel d'air de Mai-68 pour l'amener à appréhender tous ces enjeux : engagé dans le mouvement syndical, auprès de la CFDT, il fréquente des travailleurs des centrales, et commence à démêler l'écheveau de la pollution radioactive liée à l'extraction de l'uranium et au fonctionnement des réacteurs, des risques d'accident, de l'insuffisance des moyens de retraitement. Avec son syndicat, il publie en 1975 un ouvrage, L'électronucléaire en France, qui fait toujours référence sur tous ces aspects volontiers passés sous silence par la filière.

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Devenu permanent à la CFDT, retiré du CEA, Bernard Laponche devient de plus en plus critique du nucléaire français qui, à cette époque marquée par les chocs pétroliers, construit des nouveaux réacteurs à la chaîne et creuse sa dépendance à l'atome pour des décennies. Lui, dans le même temps, prend fait et cause pour développer des programmes d'économies d'électricité, au sein de l'Agence pour la Maîtrise de l'Energie dont il deviendra le directeur général.

Face au risque bien réel d'un accident nucléaire en France, l'alternative existe selon Bernard Laponche

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L'essor des énergies renouvelables, qui deviennent de plus en plus accessibles au tournant des années 2000, lui permettent de conforter le discours qu'il a tenu toute sa vie, selon lequel il est possible d'imaginer une alternative réaliste au nucléaire, en misant sur ces deux piliers que sont les ENR et une forte réduction de notre ébriété électrique alimentée par notre dépendance à l'atome.

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Dénonciation des dangers et des non-dits de l'énergie nucléaire, promotion d'une autre voie moins chère, plus sûre et moins polluante : ce combat d'une vie mené par Bernard Laponche a fait de lui une référence dans le milieu des antinucléaires... mais aussi une bête noire pour la filière nucléaire. Ses critiques, nourries par son expérience passée à l'intérieur du système, et par les travaux qu'il continue de mener comme expert indépendant au sein de l'association Global Chance, servent de base de travail à tous ceux qui veulent réfuter point par point le discours dominant pro nucléaire. Ce n'est donc pas un hasard si Bernard Laponche a repris son bâton de pèlerin ces derniers mois pour participer activement aux débats publics organisés autour du projet de construction de nouveaux réacteurs EPR2 en France.

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