Sur la photo à droite de l’étagère, dans l’appartement familial de Jérusalem, on voit la jeune Florence Pavaux au côté du premier secrétaire du Parti Socialiste.
Sur la photo à droite de l’étagère, dans l’appartement familial de Jérusalem, on voit la jeune Florence Pavaux au côté du premier secrétaire du Parti Socialiste.
Sur la photo à droite de l’étagère, dans l’appartement familial de Jérusalem, on voit la jeune Florence Pavaux au côté du premier secrétaire du Parti Socialiste.  ©Radio France - Frédéric Métézeau
Sur la photo à droite de l’étagère, dans l’appartement familial de Jérusalem, on voit la jeune Florence Pavaux au côté du premier secrétaire du Parti Socialiste. ©Radio France - Frédéric Métézeau
Sur la photo à droite de l’étagère, dans l’appartement familial de Jérusalem, on voit la jeune Florence Pavaux au côté du premier secrétaire du Parti Socialiste. ©Radio France - Frédéric Métézeau
Publicité
Résumé

Ce lundi 10 mai 2021 marquera le quarantième anniversaire de l'élection de François Mitterrand à la Présidence de la République. Florence Pavaux-Drory, qui vit aujourd'hui à Jérusalem, fut l'attachée de presse du candidat du Parti socialiste. Une jeune femme de l'ombre encore admirative aujourd'hui.

En savoir plus

Et dire que cette histoire politique et amicale a commencé au milieu des années soixante avec... une histoire de chien ! "J'étais petite fille puisque j'avais onze ou douze ans et c'est une jolie histoire" se souvient Florence Pavaux-Drory. "J'avais vu dans le journal une photo de François Mitterrand avec sa femme, ses deux garçons et leur teckel nommé Lipp. Et comme je souhaitais offrir un teckel à ma maman, dans ma candeur naïve de petite fille, j'ai écrit à Gilbert et Jean-Christophe Mitterrand. En fait, Danielle Mitterrand m'a répondu quelques mois après et de fil en aiguille, elle m'a offert un petit teckel pour ma maman. Et puis, entre temps, on est restées proches et j'ai rencontré François Mitterrand de cette façon."

Embauchée pour 2 500 francs mensuels

Diplômée en droit à la faculté du Mans, la jeune Florence "monte à Paris" au printemps 1975 et demande conseil au Premier secrétaire du Parti socialiste. "J'avais envie d'aller vers le journalisme mais il m'a dit : Laissez-moi réfléchir. Et puis, quelques jours après, il m'annonce qu'il réorganise son cabinet et me propose de m'occuper de la presse étrangère accréditée à Paris. A l'époque, cela se faisait peu. François Mitterrand était quasiment inconnu en dehors des frontières françaises".

Publicité
Par une simple lettre manuscrite faisant office de contrat, Florence Pavaux est embauchée pour 2500 francs par mois (400 euros) à compter du 1er mai 1975
Par une simple lettre manuscrite faisant office de contrat, Florence Pavaux est embauchée pour 2500 francs par mois (400 euros) à compter du 1er mai 1975
© Radio France - Frédéric Métézeau

Le coeur à gauche, elle commence à travailler le 1er mai 1975. Tant pis pour la fête des travailleurs, Florence découvre un nouvel univers : "Le Parti socialiste de l'époque était une grande famille. Il n'y avait pas de hiérarchie. Il y avait les fameux courants mais on se parlait, on ne se détestait pas. On n'était pas les gauches irréconciliables. On était vraiment des camarades. Cela tenait beaucoup à la personnalité de François Mitterrand. Personne n'a jamais eu l'idée de remettre en question le chef. Politiquement, il y a bien eu les tentatives de Michel Rocard un peu plus tard mais c'était François Mitterrand. 

Il décidait, on faisait. Ce n'était pas un patron classique. 

Il ne donnait pas des ordres. Il ne nous disait pas : vous devez faire ceci, vous devez faire cela. Il n'était pas sur notre dos. Il disait simplement : je souhaiterais ou bien vous voulez vous ?"

Pendant cinq ans, la jeune collaboratrice croise les dirigeants socio-démocrates Willy Brandt, Jimmy Carter, Felipe Gonzalez, Mario Soares, Shimon Peres, Yitzhak Rabin... Outre les correspondants des médias étrangers, elle lie connaissance avec les journalistes vedettes de l'époque : Frantz-Olivier Giesbert, Jean-Pierre Elkabbach, Alain Duhamel, Catherine Nay, Michèle Cotta... 

Intelligence et culture exceptionnelles

Surtout, elle considère travailler avec un homme d'exception : "Ses premières qualités étaient son intelligence et sa grande culture. J'étais subjuguée par ce qu'il racontait. Il avait tout vu, tout connu. Il avait quasiment été partout dans le monde et pas comme ça en coup de vent. S'il allait dans un pays, il s'intéressait à sa culture, sa littérature et son Histoire. Ensuite, il vous prêtait attention. 

Quand il vous parlait, il vous parlait vraiment. 

Il vous donnait l'impression que vous étiez son interlocuteur ou son interlocutrice. Ce n'était pas juste parler en regardant ailleurs. Ce n'était pas ça, François Mitterrand. Mais c'était une autre époque, une autre éducation, d'autres façons, d'autres rapports entre les êtres humains. Et malheureusement, je trouve que cette délicatesse et ce respect ont un peu disparu."

Mais en 1980, alors que tout le parti est mobilisé pour la conquête de l'Élysée, Florence Pavaux part vivre à Jérusalem au côté de son futur époux, le diplomate israélien Mordechai Drory. Son patron - pas encore Président - est déçu : "Je l'ai laissé au pied des marches du palais (rires). J'avais rencontré un homme qui est devenu mon mari donc j'ai prévenu François Mitterrand que je partais. Cela ne lui a pas plu, peut-être en a-t-il un peu rajouté pour me faire plaisir. Ça fait toujours plaisir de sentir désirée et regrettée. On ne quitte pas François Mitterrand." 

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.

Le 10 mai 1981, l'ex-collaboratrice de François Mitterrand apprend son élection via la radio israélienne sur la route entre Tel Aviv et Jérusalem. Elle reverra le Président en 1982 lors de sa visite officielle à Jérusalem et lors de ses passages à Paris jusqu'à une ultime rencontre à l'hiver 1995 lors d'une remise de décorations à l'Élysée. Si l'homme est accablé par la maladie, elle lui trouve une lucidité et une vivacité intellectuelle intactes. Danielle Mitterrand, devenue une véritable amie, sera aussi sa témoin de mariage.

Pour afficher ce contenu Instagram, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.

Aujourd'hui, quelques photos de l'ancien Président trônent parmi les photos de famille dans son appartement de Jérusalem. L'affection est intacte et elle ne souhaite pas se livrer au travail d'inventaire : "Cela fait 25 ans qu'il est parti. Et cela fait 25 ans qu'il n'y a pas un jour où je ne pense à lui. Comme je pense à mon papa et à ma maman, je pense à lui. Quand vous aimez quelqu'un, il ne vous quitte jamais. Mais je ne suis pas historienne. 

Je préfère laisser aux historiens le soin de faire les analyses. 

Moi, je suis très mal placé parce que j'ai trop connu François, Danièle, Gilbert et Jean-Christophe Mitterrand. J'ai comme un "conflit d'intérêts". Je ne peux pas prendre position. C'est quelqu'un qui a toujours été là pour moi, je lui dois beaucoup donc, si j'ai des réserves, je les garde pour moi."

Références

L'équipe