L'astrophysicienne Françoise Combes dans son bureau de l'Observatoire de Paris, où elle a mis quatorze ans à avoir un poste permanent. ©Radio France - Cécile de Kervasdoué
L'astrophysicienne Françoise Combes dans son bureau de l'Observatoire de Paris, où elle a mis quatorze ans à avoir un poste permanent. ©Radio France - Cécile de Kervasdoué
L'astrophysicienne Françoise Combes dans son bureau de l'Observatoire de Paris, où elle a mis quatorze ans à avoir un poste permanent. ©Radio France - Cécile de Kervasdoué
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Résumé

Selon l'Unesco, les femmes ne représentent que 30% des scientifiques dans le monde, que 4% parmi les prix Nobel. Alors chaque année, l'Unesco et la fondation l'Oréal priment ces chercheuses. Lauréate 2021, l'astrophysicienne Françoise Combes refuse pourtant de se voir comme un phénomène.

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Françoise Combes (Astrophysicienne à l'Observatoire de Paris, professeure au Collège de France et membre de l'Académie des sciences).

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Seulement 30% des scientifiques dans le monde sont des femmes. En Europe, elles ne sont que 14% à exercer de hautes responsabilités académiques. Quant au prix Nobel, 4% seulement de ses lauréats sont des lauréates. Pour y remédier chaque année, l'Unesco et la fondation l'Oréal décernent cinq prix à cinq femmes chercheuses. La cérémonie a eu lieu ce 23 juin à Paris et parmi les lauréates figure l'astrophysicienne française Françoise Combes.

Chercheuse à l'Observatoire de Paris, elle est la première femme à avoir été nommée au Collège de France à la chaire galaxie et cosmologie, et elle est l'une des 6 femmes à avoir reçu la médaille d'or du CNRS en 2020. Mais avant d'obtenir cette reconnaissance, elle a accumulé un nombre incroyable de découvertes très variées dans le domaine de la cosmologie, de l'anatomie des galaxies de la compréhension de la formation et de l'évolution des étoiles.

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Le télescope le plus grand du monde, dans le désert d'Atacama au Chili, où Françoise Combes a réalisé une partie de ses découvertes sur les galaxies.
Le télescope le plus grand du monde, dans le désert d'Atacama au Chili, où Françoise Combes a réalisé une partie de ses découvertes sur les galaxies.
© AFP - Alberto Pena

"Laisser une trace, c'est ce que je voulais enfant !"

Pionnière dans l'étude du cosmos, Françoise Combes n'a pourtant pas eu la vocation enfant.

"Contrairement à certains de mes collègues, je n'avais pas de télescope dans mon jardin. Mais j'étais fascinée par les découvertes. Répondre à des questions, des mystères et le faire savoir. Laisser une trace, c'est ce que je voulais enfant !" Françoise Combes

Ce n'est qu'en arrivant en thèse de 3ème cycle à l'Ecole Normale qu'elle pousse la porte d'un laboratoire d'astrophysique et se passionne pour la cosmologie asymétrique, la matière et l'antimatière, avant de se pencher sur la forme des galaxies. C'est elle qui va expliquer pour la première fois en 1991 pourquoi les centres des galaxies sont en forme de cacahuète.

"Parce qu'il y a une résonance entre les étoiles. C'est comme marcher au pas sur un pont. Si tout le monde marche au même rythme il y a une résonance tellement forte que le pont risque de s'effondrer. Là, la barre au centre de la Galaxie et les étoiles oscillent de haut en bas, et ça donne une forme de cacahuète." Françoise Combes

Cette fameuse forme de cacahuète, à l'écran de l'ordinateur de Françoise Combes.
Cette fameuse forme de cacahuète, à l'écran de l'ordinateur de Françoise Combes.
© Radio France - Cécile de Kervasdoué

Puis elle traquera les molécules dans les galaxies, en en découvrant dans celle d'Andromède, à 2,2 millions d'années lumière de la Terre. Elle est également une des expertes françaises de la matière noire, cette matière invisible dont la nature n'est pas encore connue et qui constitue plus de 80% de toute la matière de l'univers.

32 min

Quatorze ans avant d'obtenir un poste permanent !

Malgré tous ses succès, elle a mis quatorze ans avant d'obtenir un poste permanent. D'où son engagement aujourd'hui pour promouvoir les femmes scientifiques, avec l'idée qu'elles apportent à la science une diversité et une différence de point de vue essentielles. Optimiste, elle rappelle qu'en un siècle, depuis Marie Curie qui n'avait pas pu entrer à l'Académie des sciences, 12 femmes (dont elle même) se sont fait une place dans la prestigieuse institution ; mais ce sera encore long parce qu'il y a un changement de mentalité à opérer dans l'éducation des filles.

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"Les filles sont conditionnées à croire que les sciences exactes ne sont pas pour elles, qu'il faut qu'elles aillent vers la littérature ou mieux la biologie, le soin à la personne. Mais en fait, les femmes sont très douées pour l'abstrait. La preuve, elles obtiennent depuis peu des médailles Fields en mathématiques. Il faut lutter contre ces préjugés qui nous concernent tous et toutes." L'astrophysicienne Françoise Combes.

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3 min