Henri Cosquer le 1er juin 2022 à la Villa Méditerranée à Marseille. Le lieu accueille une réplique de la grotte Cosquer qui ouvre au public le 4 juin.
Henri Cosquer le 1er juin 2022 à la Villa Méditerranée à Marseille. Le lieu accueille une réplique de la grotte Cosquer qui ouvre au public le 4 juin. ©Radio France - Maxime Tellier
Henri Cosquer le 1er juin 2022 à la Villa Méditerranée à Marseille. Le lieu accueille une réplique de la grotte Cosquer qui ouvre au public le 4 juin. ©Radio France - Maxime Tellier
Henri Cosquer le 1er juin 2022 à la Villa Méditerranée à Marseille. Le lieu accueille une réplique de la grotte Cosquer qui ouvre au public le 4 juin. ©Radio France - Maxime Tellier
Publicité

Henri Cosquer a été plongeur toute sa vie. À 72 ans, il inaugure ce samedi à Marseille une réplique de la grotte qu'il a découverte voilà trois décennies dans les calanques : la grotte Cosquer, dont l'accès se fait sous les eaux, et qui abrite des centaines de dessins et gravures préhistoriques.

Avec
  • Henri Cosquer Ancien plongeur professionnel et découvreur de la grotte Cosquer

Henri Cosquer a travaillé sous les eaux pendant quarante ans : scaphandrier diplômé, instructeur de plongée... “Mon bureau, c’était les calanques”, dit aujourd'hui avec l’accent du sud-est ce natif de Martigues. Dernier d’une famille de 7 enfants, de père breton qui fut mécanicien dans la Marine nationale, son histoire est celle de beaucoup de gamins, passionnés par la mer et ses dessous. Mais sa vie prend un tour inattendu en 1985 : il découvre alors l’entrée d’une grotte à 37 mètres de profondeur entre Marseille et Cassis.

Précision du 24 août 2022 : Au cours de cette rencontre, Henri Cosquer n'a pas mentionné les trois personnes qui l'accompagnaient lors de cette découverte plus aboutie en juillet 1991 : trois moniteurs expérimentés : sa nièce Cendrine, Yann Gogan, et Pascale Oriol. Il n'a pas non plus évoqué le plongeur spéléo belge Marc Van Espen avec lequel il avait exploré les lieux quelques semaines auparavant. Lire l'article très détaillé de Pedro Lima pour la Fédération Française d'études et de Sports Sous-Marins.
Un compte Twitter des oublié.es de la grotte Cosquer a été créé le 20 juin 2022 pour répondre à "un récit devenu au fil du temps la version officielle de l'histoire de la découverte", une "version imaginaire qui ne mentionne pas les personnes qui l'ont accompagné et sans lesquelles la découverte des peintures n'aurait pas eu lieu".

Publicité

Explorateur des calanques

Pour afficher ce contenu Instagram, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.

"L'entrée mène à un long couloir ascendant de 150 mètres, étroit, il faut slalomer entre les stalactites et les stalagmites. Par endroits, la hauteur n'est que de 70cm. C'est un peu compliqué".

Henri Cosquer nous fait son récit dans la grotte reconstituée à Marseille en 2022, assis dans un véhicule qui chemine entre les concrétions.

"Et là nous arrivons dans la salle où j'ai émergé lors de ma plongée. C'est magique, l'eau est cristalline, on se croirait dans un temple grec. Lorsqu'on éclaire, tout est bleu. Je suis arrivé dans un jardin minéral !"

Du bleu, de l’ocre, du blanc, du noir… Toute une palette de couleurs s’offre à ses yeux dans cette grotte inaccessible par la terre ferme. Le plongeur revient plusieurs fois, explore peu à peu, avec des amis aussi. La grotte n’est pas si grande, 2 000 mètres carrés, mais seuls les plongeurs expérimentés peuvent y accéder. La chronologie n’est pas très claire, mais un jour Henri Cosquer fait une autre découverte.

58 min

Découvreur d'un site préhistorique

"Là, on arrive dans l'endroit magique : ce sont les mains noires au plafond. Elles sont faites par projection de noir de manganèse. Il y en a énormément, plus d'une douzaine devant nous."

Il comprend alors qu’il est dans une grotte qui fut fréquentée bien avant lui. Des centaines de dessins et de gravures s’offrent à ses yeux. On sait aujourd’hui que ces œuvres datent de 33 000 ans à 19 000 ans avant le présent : au dernier âge glaciaire, quand la Méditerranée était 120 mètres plus en bas et que le climat était bien plus froid.

Pour afficher ce contenu Instagram, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.

"Et là, vous voyez deux pingouins avec en dessous, une autre tête de pingouin. Ce sont deux mâles qui convoitent la 'fiancée pingouine'. Plus loin, on peut voir aussi la représentation d'un sexe féminin. Ici, avec un gros ventre, c'est une jument et là, un bouquetin avec ses grands bois sur la tête. Pour voir tout cela, il fallait parfois ramper, escalader..."

Lorsqu'il explorait cette grotte, qu'il a parcourue de nombreuses fois, Henri Cosquer était coupé du monde extérieur, sans moyen de communication, parfois pendant de nombreuses heures.

"Tant mieux ! Quand on est dans le noir et le silence, c'est bien."

Un Marseillais qui donne des racines bien plus anciennes à sa ville

Et Henri Cosquer est intarissable sur cette grotte, qu'il a déclarée aux autorités en 1991, six ans après l'avoir découverte. Quelques années pendant lesquelles il explique que son métier et l'acheminement de voiliers à travers l'Atlantique l'ont éloigné de la plongée.

Il lui a fallu trois décennies pour faire aboutir ce projet de réplique de la grotte. Henri Cosquer offre ainsi un passé bien plus lointain à Marseille : la "cité phocéenne" fondée par les Grecs il y a 2 600 ans s'est découvert des grands-parents bien plus anciens...

29 min