MVL, à gauche sur la photo, a remporté les championnats du monde d'échecs en blitz, c'est à dire en parties rapides, le 30 décembre dernier à Varsovie.
MVL, à gauche sur la photo, a remporté les championnats du monde d'échecs en blitz, c'est à dire en parties rapides, le 30 décembre dernier à Varsovie.
MVL, à gauche sur la photo, a remporté les championnats du monde d'échecs en blitz, c'est à dire en parties rapides, le 30 décembre dernier à Varsovie. - Fédération internationale des échecs
MVL, à gauche sur la photo, a remporté les championnats du monde d'échecs en blitz, c'est à dire en parties rapides, le 30 décembre dernier à Varsovie. - Fédération internationale des échecs
MVL, à gauche sur la photo, a remporté les championnats du monde d'échecs en blitz, c'est à dire en parties rapides, le 30 décembre dernier à Varsovie. - Fédération internationale des échecs
Publicité
Résumé

Maxime Vachier-Lagrave a remporté les championnats du monde d'échecs de blitz, parties rapides, en décembre, à Varsovie. Une première pour un Français. Depuis presque dix ans, il trône parmi les 10 meilleurs mondiaux.

avec :

Maxime Vachier-Lagrave (joueur d'échecs).

En savoir plus

Jouer à tout, tout le temps. Maxime Vachier-Lagrave est un joueur-né. Le jour de ses cinq ans, son père, Patrick, ingénieur et amateur d'échecs, lui offre ce jeu. Maxime décortique le manuel et ne lâche plus le jeu.

À six ans, il entre en club à Créteil, dans le Val-de-Marne, où il vit avec sa famille. Très rapidement, le petit garçon bat son père. Le jeu l'amuse de plus en plus mais il fait aussi du ping-pong, du judo, du tennis…"Toujours des sports individuels" remarque-t-il, "Moi face à moi-même".

Publicité

Il se décrit comme un adolescent "normalement timide". Gamin, il admirait le champion d'échecs américain Bobby Fischer, "C'est son jeu que j'aime" prévient-il, comme pour mettre à distance la folie du joueur légendaire. MVL, comme on l'appelle dans le monde échiquéen, est un garçon sans excès, ni mégalo, ni diva. "Tout le monde vous le dira : Maxime est extrêmement gentil", explique son manager Laurent Vérat.

Pour afficher ce contenu Instagram, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.

Une vitesse de calcul phénoménale

Un garçon comme tout le monde sauf qu'il est doté d'un cerveau hors-norme. C'est ce qu'il a pu constater la première fois où il a vu jouer le champion. Maxime avait 11 ans, "Je l'ai vu analyser son jeu. J'ai constaté sa vitesse de calcul, une vitesse phénoménale. Je n'avais jamais vu ça."

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.

Au club d'échecs, il rencontre aussi son premier entraineur, Eric Birmingham. L'ancien joueur professionnel connait parfaitement le jeu du champion du monde : "Sa science est basée sur le calcul. Maxime excelle dans ce que j'appelle "le combat de rue", là où il y a beaucoup, beaucoup de calcul. En fait, là où le sang gicle quand il y a beaucoup de bagarre, Maxime est très fort. Il est l'un des meilleurs joueurs au monde dans cet exercice. Ensuite, sur l'aspect stratégique, on peut dire que notamment Magnus Carlsen, le Norvégien numéro un mondial depuis 2013, est supérieur à lui dans je dirais les échecs intuitifs. Mais sur le calcul, Maxime est absolument prodigieux."

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.

Pour MVL, calculer est aussi un jeu. "Après mon bac, je me suis inscrit en fac de maths comme on pratique un hobby". Le jeune homme, classé dans le tournoi professionnel depuis l'adolescence, sait déjà qu'il va pouvoir vivre de sa passion. Une chance dans ce sport, où seuls les 50 premiers joueurs mondiaux peuvent le faire.

À lire aussi : Le "méta-échec" : comment échouer au jeu des échecs

Seuls les 50 meilleurs mondiaux vivent de leur passion

Au dernier championnat du monde, les joueurs ont concouru pour un gain autour de 2 millions de dollars, des sommes importantes même si on est loin des cachets de sportifs plus populaires. Les échecs changent et pas seulement d'un point de vue financier. "Techniquement, le niveau s'est resserré. La différence aujourd'hui se fait sur la condition physique, le mental des joueurs," explique MVL. Au sein de l'élite des 10 meilleurs joueurs mondiaux, il est considéré comme un joueur fairplay, une combinaison entre humilité et détermination.

Une force de frappe donc qui permet au Français de se classer parmi les meilleurs joueurs mondiaux mais aussi de hisser la France à un niveau jamais atteint aux échecs. MVL porte le renouveau des échecs français, une génération habituée aux jeux en ligne, notamment sur Twitch, la plate-forme de jeux en ligne. L'engouement est là encore plus depuis le confinement et la diffusion de la série "Le jeu de la dame".

Équipe de choc avec Alireza Firouzja

Un renouveau aussi au sein de l'équipe de France, comme l'explique son manager, Laurent Vérat : "Il forme une excellente équipe avec notamment Alireza Firouzja". Le prodige de 18 ans, d'origine iranienne est déjà classé numéro 2 mondial. Le duo MVL-Firouzja pourrait donc entrainer la France à des sommets jamais atteints aux échecs.

Pour le moment, en individuel, fort de sa victoire en Blitz, Maxime conforte sa place sur la scène mondiale et renvoie désormais à ses adversaires qu'il peut être le plus fort. Après les championnats de Varsovie, il a besoin d'un peu de repos avant de reprendre des entrainements intensifs : 6 heures d'échecs par jours, plus 5 heures d'entrainements physiques et des séances avec sa préparatrice mentale.

Il vit à Paris, à deux pas du jardin du Luxembourg, il s'y plait bien. Ses parents, ses amis sont dans le coin, il sort souvent et ne s'interdit rien hors compétition. Concentrer sur sa carrière, pour le moment il n'a pas envie de fonder une famille. Aux jeunes qui se lancent dans les échecs, son conseil : "Prendre du plaisir avant tout".

Quand il sera à la retraite, c'est-à-dire dans dix ans, le jeune champion d'échecs se voit bien gravir des sommets, une spécialité qu'il pratique sur tous les terrains.

À lire aussi : Échecs et maths

À lire aussi : Les tractations

Références

L'équipe

Ouafia Kheniche
Journaliste