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Le chevalier Bayard défendant le pont de Garigliano
Le chevalier Bayard défendant le pont de Garigliano

Deux actualités conjuguées, l’une mémorielle, l’autre immédiate, m’ont inspiré l’idée du thème dont nous allons traiter ce matin. Il s’agit du statut du soldat dans les armées, du soldat considéré comme individu autonome ou bien comme simple rouage d’une machine qui réduirait jusqu’à l’extrême la liberté de sa différence, broyant chez lui toute spécificité personnelle et civique.

D’un côté le Centenaire nous ramène à la Grande guerre, qui fut de masse, et qui tua près d’un million et demi de Français dont l’anonymat n’a pas toujours pu être arraché à la boue des ensevelissements collectifs. De l’autre côté, en vif contraste, la guerre récente au Mali, qui est celle d’une époque, la nôtre, où, chez les nations démocratiques, chaque combattant tué représente, même professionnel du risque, un quasi-scandale aux yeux de la collectivité, où il est honoré personnellement par les pouvoirs publics, tandis que les magazines nous renseignent sur chaque détail de sa vie familiale brisée : si bien que l’héroïsme individuel s’en trouve au premier chef magnifié.

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Est-ce donc là une évolution linéaire ? Sûrement pas. L’histoire militaire nous montre qu’ont alterné les périodes où la valeur propre de chaque guerrier pouvait se déployer à loisir, sous le regard de la société pour laquelle il combattait, et celles où la vaillance ou les dérobades de chacun étaient enveloppées au contraire dans un système radical dont la mécanique était destinée à oblitérer toute spécificité.

Hervé Drévillon , professeur à la Sorbonne, où il dirige l’Institut des études de la guerre et de la paix, va nous apporter ce matin ses lumières. Pour comprendre comment l’interminable dialectique du glaive et du bouclier a contribué, en concurrence avec des facteurs plus exogènes, à définir les pulsations de cette évolution. Voici donc un regard sur ce qui, d’âge en âge, de Du Guesclin à Iron Man , l’homme de fer, a pu être sauvegardé de l’individuel dans la guerre. Jean-Noël Jeanneney

Programmation sonore :

- Chanson « J’avions reçu commandement » interprétée par Yves MONTAND en 1955 , chanson de soldat, du XVIIIe siècle, auteur anonyme.

- Extrait du film « Du Guesclin » de Bernard DE LATOUR (1949) , avec Fernand GRAVEY (Du Guesclin) et Noël ROQUEVERT (Jagu, le fidèle).

- Lecture d’un extrait du Tour de France par deux enfants de G. BRUNO (1877) , par Pauline JEAMBET dans le cadre de l’émission Lieux de mémoire de François ANGELIER, sur France culture le 6 mars 1997.

- Extrait du film « La Marseillaise » de Jean RENOIR (1938).

*- Inter Actualités * du 7 septembre 1964 à l’occasion du 50ème anniversaire de la Bataille de la Marne.

- Chanson « Ma p’tite Mimi » de Théodore BOTREL et Vincent SCOTTO (1915) , interprétée par Marc OGERET en 1993.

Bibliographie :

**- Hervé DRÉVILLON, L’Individu et la Guerre. Du chevalier Bayard au Soldat inconnu ** , Belin, 2013.

**- Hervé DRÉVILLON, Batailles. Scènes de guerre de la Table Ronde aux Tranchées ** , Seuil, 2007.

**- Michel GOYA, Irak. Les armées du chaos ** , Economica, 2004.

**- Histoires d’armes de l’âge du bronze à l’ère atomique ** , Gourcuff Gradenigo, ouvrage publié à l’occasion de l’exposition présentée au Château royal de Blois du 6 juillet au 3 novembre 2013.