Feu d'artifice tiré le 30 mai 1770 pour le mariage du futur Louis XVI et de Marie-Antoinette, archiduchesse d’Autriche (gravure du XVIIIe siècle).
Feu d'artifice tiré le 30 mai 1770 pour le mariage du futur Louis XVI et de Marie-Antoinette, archiduchesse d’Autriche (gravure du XVIIIe siècle). - ©Selva/Leemage
Feu d'artifice tiré le 30 mai 1770 pour le mariage du futur Louis XVI et de Marie-Antoinette, archiduchesse d’Autriche (gravure du XVIIIe siècle). - ©Selva/Leemage
Feu d'artifice tiré le 30 mai 1770 pour le mariage du futur Louis XVI et de Marie-Antoinette, archiduchesse d’Autriche (gravure du XVIIIe siècle). - ©Selva/Leemage
Publicité

Chaque événement heureux de la Couronne donne lieu, au XVIIIe siècle, à l’organisation de réjouissances dans l’espace public parisien. Pauline Valade revient sur l'histoire politique et culturelle de ces plaisirs éphémères.

Un je-ne-sais-quoi nous murmure que nous éprouvons, par les temps qui courent, qui sont riches de malheurs divers, un besoin lancinant de fêtes. Et puisqu’il s’agit aujourd’hui, spécifiquement, de trancher avec une morosité ambiante, on éprouve le goût de vérifier qu’à diverses époques, les réjouissances partagées renseignent sur les psychologies collectives, sur les solidarités et sur les tensions qui sont au travail, en chaque occurrence, dans une société donnée. 

Afin de s’en assurer, il n’est que de lire le beau livre que Pauline Valade, docteure en histoire moderne, dont les recherches se développent dans le cadre de l’Université Bordeaux-Montaigne, vient de consacrer à ce sujet, dans le cas particulier du XVIIIe siècle à Paris. Avec elle, par-delà les rituels répétitifs des feux de joie, des bals, des illuminations, des feux d’artifice, des plaisirs éphémères, nous allons constater une évolution remarquable de l’attitude des Parisiens. Ils étaient priés de ratifier implicitement et respectueusement un échange entre la générosité affichée du souverain et l’obéissance de son peuple, selon le vieux principe d’un don et d’un contre-don. C’était d’ailleurs à l’occasion des divers événements heureux qui touchaient la famille royale que ces réjouissances étaient organisées, offertes et en somme imposées à tous. 

Publicité

Mais il se trouva qu’à mesure que le siècle avançait, le public de la capitale se montra de plus en plus rétif envers ce contrat implicite. La joie décrétée d’en haut fut progressivement subvertie au service d’actes de résistance et de contestation politiques. Des actes qui se glissaient dans les interstices d’une surveillance policière obsessionnelle. Ainsi se prépara la Révolution. Les mutations des fêtes dont nous allons parler peuvent nous apprendre beaucoup, par-delà tout leur éclat, sur l’émergence tâtonnante d’une liberté nationale.

ARCHIVES DIFFUSÉES

  • Chanson "Quel est ce festin?" (1749), interprétée par Hélène Delavault (chant) et Claude Pavy (guitare).
  • Lecture d'un extrait du Tableau de Paris de Louis-Sébastien Mercier (1772), par Jeanne Guérout.
  • Interview de l'historienne Arlette Farge, dans "Une vie, une oeuvre" de Renée Elkaïm Bollinger, consacrée à Louis-Sébastien Mercier, sur France Culture le 20 juillet 2003.
  • Lecture d'un extrait du Journal d'un voyage à travers le France de Sophie von La Roche (1785), lu par Marion Malenfant dans "Le cours de l'histoire" de Xavier Mauduit sur France Culture, le 4 janvier 2022.
  • Lecture d'un extrait du journal du libraire parisien Siméon Prosper Hardy, Mes Loisirs ou Journal d’événemens tels qu’ils parviennent à ma connoissance (1753-1789), par Jeanne Guérout.

BIBLIOGRAPHIE

L'équipe