Des C.R.S. déplacent, le 22 juin 1961, les tracteurs de paysans mécontents qui bloquent le passage sur le pont suspendu de Port-Saint Hubert, enjambant l'estuaire de la Rance et permettant de joindre Dinard à Saint-Malo.  ©AFP
Des C.R.S. déplacent, le 22 juin 1961, les tracteurs de paysans mécontents qui bloquent le passage sur le pont suspendu de Port-Saint Hubert, enjambant l'estuaire de la Rance et permettant de joindre Dinard à Saint-Malo. ©AFP
Des C.R.S. déplacent, le 22 juin 1961, les tracteurs de paysans mécontents qui bloquent le passage sur le pont suspendu de Port-Saint Hubert, enjambant l'estuaire de la Rance et permettant de joindre Dinard à Saint-Malo. ©AFP
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Résumé

Aujourd'hui c'est sur le monde paysan au XXe siècle que nous concentrons notre attention, sur les nombreuses protestations brutales qui l'ont parcouru et secoué, de génération en génération.

avec :

Edouard Lynch (Professeur d’histoire contemporaine à l’Université Lumière Lyon 2, membre du Laboratoire d’études rurales, spécialiste de l’histoire de la paysannerie française au XXe siècle).

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Nous sommes voués, au temps des gilets jaunes, à considérer de près les différentes formes de révolte populaire, dans nos villes et dans nos campagnes. Une émission sur le poujadisme, voici quelques semaines, avait tâché d'éclairer les origines et les mutations d'un mouvement qui avait prospéré, à la fin de la IVe République, dans l'univers des commerçants et des artisans, à partir d'une indignation fiscale. 

Aujourd'hui c'est sur le monde paysan au XXe siècle que je vous propose de concentrer notre attention, sur les nombreuses protestations brutales qui l'ont parcouru et secoué, de génération en génération. Il s'agit de s'interroger sur le déclenchement des multiples épisodes de cette histoire, sur les ressorts qui les ont suscités et prolongés, sur leurs relations avec l'ensemble de la société, avec la situation économique et avec la nature des régimes politiques. Autrement dit, tout à la fois d'apprécier la spécificité de chaque moment et de débusquer des permanences et des continuités. 

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Je vais m'appuyer pour ce faire sur la compétence d’Édouard Lynch, professeur à l'Université Lumière Lyon II, qui a beaucoup travaillé et publié sur le sujet. Son dernier livre pose tout droit la question de la violence, qui est en vérité primordiale. La violence des révoltés paysans contre les normes ordinaires de la vie collective en face de la violence de la répression, telle que conduite par les autorités. "Haut les fourches ! ", ce fut le cri de ralliement du mouvement quasi insurrectionnel des "chemises vertes" d'Henri Dorgères, dans les années 1930. Il donna d'ailleurs ce titre à son livre de combat. Et en vérité on pourrait l'inscrire en épigraphe, au moins métaphoriquement, en tête du récit de la plupart des événements chaotiques que nous allons évoquer. 

Archives sonores 

- Chanson "Gloire au dix-septième" de Montéhus (1907), par Marc Ogeret en 1988.

- Extrait d'un entretien avec le paysan Ephraïm Grenadou, interrogé par Alain Prévost, ORTF, le 8 février 1967.

- Reportage sur la guerre des artichauts en Bretagne à Saint-Pol de Léon, Paris-Inter, le 20juin 1961.

- Extrait d'une allocution télévisée du Premier ministre Jacques Chirac, le 26 juillet 1974.

- Chanson "Oh José Bové" du groupe Chanson Plus Bifluorée, 2001.

Bibliographie

- Édouard Lynch, Insurrections paysannes De la terre à la rue. Usages de la violence au XXe siècle, Vendémiaire, 2019.

- Jean Nicolas, La rébellion française, Mouvements populaires et conscience sociale (1661-1789), Seuil, 2002 (rééd. 2008).

- Robert Paxton, Le temps des chemises vertes. Révoltes paysannes et fascisme rural (1929-1939), Seuil, L’univers historique, 1997.

51 min
Références

L'équipe

Jean-Noël Jeanneney
Jean-Noël Jeanneney
Jeanne Guérout
Collaboration
Yaël Mandelbaum
Réalisation