Quelle police pour Paris ? Le temps des Lumières

La prise de Cartouche, XVIIIe siècle
La prise de Cartouche, XVIIIe siècle
La prise de Cartouche, XVIIIe siècle
La prise de Cartouche, XVIIIe siècle
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Nous savons que la police, ces temps-ci, sous l’effet des menaces terroristes, est mise à rude épreuve. L’état d’urgence, plusieurs fois prolongé, en lui donnant des pouvoirs plus larges, jette une lumière spécialement vive sur une tension qui est de toujours. Il s’agit des limites...

Avec
  • Vincent Milliot professeur d'histoire moderne à l'Université Paris 8 et chercheur à l'IDHES (Institutions et Dynamiques Historiques de l'Economie et de la Société) UMR CNRS 8533

Bonjour !

Nous savons que la police, ces temps-ci, sous l’effet des menaces terroristes, est mise à rude épreuve. L’état d’urgence, plusieurs fois prolongé, en lui donnant des pouvoirs plus larges, jette une lumière spécialement vive sur une tension qui est de toujours. Il s’agit des limites qu’en démocratie, l’Etat, qui est seul détenteur à l’intérieur des frontières de la violence légitime et qui la délègue aux forces de l’ordre, doit imposer à celles-ci au nom des droits de l’homme et de la protection de l’innocence. Mais sans que ce même Etat n’abdique jamais ce qui est l’un de ses devoirs essentiels, et qui fonde jusqu’à sa raison d’être, je veux dire la protection inflexible de la sécurité des citoyens. A Paris, au XVIIIe siècle, il n’était pas question de démocratie, mais c’était déjà le temps des Lumières où mûrissait lentement ce qui sera la lumineuse Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789. A lire le bel ouvrage que Vincent Milliot vient, avec la collaboration de Justine Berlière, de consacrer à la police de Paris à cette époque, on ne peut qu’être sensible aux résonances que les débats d’alors à ce sujet, parmi l’opinion éclairée, peuvent trouver dans notre actualité. Vincent Milliot est professeur à l’université de Normandie-Caen. En historien et en citoyen, il a trouvé visiblement un vif intérêt, qui n’est pas abstrait, à voir comment, en ces temps reculés (mais le sont-ils vraiment ?) – l’arbitraire policier a pu diminuer au profit du service attentif et parfois généreux des populations parisiennes.

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Programmation sonore

Chanson « Les Nocturnes » de DAMIA, 1931.

"Les Actualités françaises", le 6 août 1943, sur l’école nationale de police.

Edgard FAURE sur la guerre des farines dans « Les Grandes Conférences » du 28 mars 1960.

ITV de Gaston Deferre en mars 1964.

Chanson « Les Flics de Paris » de Suzanne GABRIELLO, 1965. Pastiche des "Filles de mon pays" d'Enrico MACIAS.

Bibliographie

Vincent MILLIOT (avec la collaboration de Justine Berlière), "L’admirable police". Tenir Paris au siècle des Lumières, Champ Vallon, 2016.

Vincent MILLIOT, Un Policier des Lumières, suivi de Mémoires de J.C.P. Lenoir (1732-1807), ancien lieutenant général de police de Paris, écrits dans les pays étrangers dans les années 1790 et suivantes, Champ Vallon, 2011.

Justine BERLIERE, Policer Paris au Siècle des Lumières. Les commissaires du quartier du Louvre dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, Ecole des Chartes, 2012.

Michel AUBOUIN, Arnaud TEYSSIER, Jean TULARD (dir.), Histoire et dictionnaire de la police. Du Moyen âge à nos jours__, Bouquins, 2005.

Jean-Marc BERLIERE et René LEVY, Histoire des polices en France. De l’Ancien Régime à nos jours, Nouveau Monde éd., 2011.

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