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Dans son nouvel essai, L'homme réseau-nable (Odile jacob, 2015), Lionel Naccache se propose de mettre en œuvre, non pas une démonstration mais une analogie. Cette dernière part de la connaissance de l’architecture fonctionnelle des réseaux de neurones qui organisent le cerveau. Puis, appuyé sur cette architecture, il compare les réseaux interindividuels qui, eux, structurent la Société. Pour cela il mobilise la crise d’épilepsie. Comme l’on sait, c’est un phénomène mental au cours duquel plusieurs régions cérébrales se mettent à trop communiquer entre elles pour, finalement, finir par échanger des informations pauvres et stéréotypées. Il poursuit en comparant, maintenant, la crise d’épilepsie cérébrale, microcosmique, et la crise, macrocosmique elle, que vit notre monde – qu’il nomme le « paradoxe du voyage immobile » : ce contraste entre, d’une part, une accélération et une facilité inédites des possibilités de voyager et, d’autre part, une atténuation sans cesse croissante de l’expérience de dépaysement. Cette analogie nous fait découvrir en quoi notre monde contemporain dispose d’un potentiel de conscience jamais atteint auparavant, mais également pourquoi il est exposé à des fragilités qui se manifestent dans les crises traversées aujourd’hui par les sociétés occidentales : mondialisation, retour du religieux, réduplication du monde à l’identique en plusieurs points du globe, crises des démocraties… Approche inédite qui le conduit, pour finir, par proposer un ensemble de mesures. Mesures toutes destinées, en somme, à « soigner » l’épilepsie des sociétés. A l’instar des soins que l’on prodigue à l’épilepsie d’un individu.

Références

L'équipe

Thierry Beauchamp
Collaboration
Dany Journo
Réalisation