France Culture
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Quentin Ravelli
Quentin Ravelli
© Radio France - SL

C’est devenu constant, l’industrie pharmaceutique est au centre de scandales répétés. Médicaments dangereux, essais cliniques biaisés, experts corrompus. L’affaire du « Médiator » et l’industriel Servier en sont comme l’archétype. Au fil des procès, on découvre, comme une litanie, des conflits d’intérêts et des manquements à l’éthique professionnelle. Mais suffit-il de pointer les failles du système de l’industrie pharmaceutique et d’en rester là ? Ne faut-il pas, aussi, s’interroger sur le fonctionnement « normal » de cette industrie pour rendre compte de la récurrence permanente de telles affaires ? C’est la méthode qu’a adoptée Quentin Ravelli. Durant une enquête de quatre ans, il a suivi à la trace la vie d’un médicament ordinaire. Un antibiotique apparemment sans histoire, consommé chaque année par des millions de patients.

Depuis les bureaux du service marketing et les mallettes des visiteurs médicaux qui s’efforcent d’influencer les prescriptions des médecins, entre les mains des ouvriers et des ingénieurs chimistes, ou encore sous l’œil des experts et des lobbyistes aux positions enchevêtrées, les pérégrinations de l’enquêteur révèlent l’alliage instable de la santé et du profit dans la valeur attribuée à une marchandise médicale.

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Bref, à travers la biographie d’un médicament, on découvre les mutations d’un capitalisme d’avant-garde qui, en pleine tempête économique et malgré les contestations dont il fait l’objet, maintient des taux de profit exceptionnels.