Un père vertueux
Un père vertueux
Un père vertueux - Ludovic Debeurme
Un père vertueux - Ludovic Debeurme
Un père vertueux - Ludovic Debeurme
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Résumé

Une fois encore, l’idée a surgi au réveil. Le mot “obsession” cognait en tous sens dans la tête, interpellant le rêveur éveillé à la manière d'une enseigne lumineuse incitant à pénétrer un lieu, sinon dangereux, disons pour le moins singulier.

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Par Christian Rosset et Nathalie Battus

Mixage Alain Joubert

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Une fois encore, l’idée a surgi au réveil. Le mot “obsession” cognait en tous sens dans la tête, apparaissant sous cette forme plus graphique que sonore : “obsession – s”, avec ce tiret cadratin si peu conventionnel, interpellant le rêveur éveillé à la manière d’une enseigne lumineuse incitant à pénétrer un lieu, sinon dangereux, disons pour le moins singulier. Cette création radiophonique, tout comme celles qui l’ont précédée, est d’abord un essai : une tentative de faire surgir des rencontres entre les voix, les musiques, les sons, articulées à partir de ce sésame aussi bref (un seul mot) que chargé (“obsession” renvoyant à “passion” et à bien d’autres mots ; et aussi à de nombreuses œuvres, un film de Brian de Palma notamment qui lui-même est une relecture de Vertigo d’Hitchcock – comme on le voit, il y a de quoi faire…).

Six voix pour cet essai radiophonique : 4 écrivain(e)s et 2 auteur(e)s de bande dessinée : Hélène Gaudy qui ne cesse de revenir, à travers de multiples déplacements sur les lieux et par l’écriture, à Terezin, cette île, cette forteresse, ce “lointain proche” inépuisable attisant une quête de justesse qui pourra frôler l’obsession ; Arno Bertina dont les livres sont obsédés par les métamorphoses, physiques aussi bien que mentales, et ainsi animés par le désir de trouver dans ce qu’il perçoit de ses propres obsessions un caractère stimulant, comme un vivier d’humeurs et de pensées ; Jean-Michel Espitallier, dont l’obsession majeure est celle du temps qui passe – ou ne passe pas, et cela le démange, relançant de manière incessante le désir de faire, d’écrire ou de dire. L’obsession, c’est ce qui est plus fort que nous ; Johan Faerber passionné (dit-il) par les obsédés, cette famille au sein de laquelle il trouve volontiers sa juste place, en quête de mots et d’images susceptibles d’engendrer des histoires de fantômes pour grandes personnes ; Fanny Michaëlis et Ludovic Debeurme, pris ensemble (seule exception à une règle non écrite) dans leur lieu de travail et de vie, entourés d’outils du dessin et d’instruments de musique, partageant certaines obsessions et manifestant néanmoins clairement leurs différences.

Le travail de montage et de mixage, via la construction profondément musicale de cet essai, permet à l’enquêteur (celui dont on n’entend que peu la voix) d’explorer en creux ses propres obsessions. Il s’exprime à ce sujet surtout à travers une série de 29 ponctuations pour piano solo qui sonnent comme autant de relevés d’obsession pris dans le parcours de toute une vie de compositeur.

Le lait noir
Le lait noir
- Fanny Michaëlis

Avec :

Arno Bertina (Anima motrix, Verticales)

Ludovic Debeurme (Un père vertueux, Cornélius)

Jean-Michel Espitallier (France romans, Argol ; Tourner en rond, PUF)

Johan Faerber (Pour une esthétique baroque du Nouveau Roman, Honoré Champion)

Hélène Gaudy (Une île, une forteresse, Inculte)

Fanny Michaëlis (Le lait noir, Cornélius)

Relevés d’obsession, musique originale de Christian Rosset par Andréa Cohen, piano (prise de son Djaisan Taouss).

Autres musiques : Syd Barrett, Fatherkid, Sonic Youth.

Références

L'équipe

Inès de Bruyn
Collaboration