Persepolis, récit d’enfance et révolution islamique

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Chaque semaine nous revenons sur un album marquant de ces vingt dernières années. Aujourd’hui récit d’enfance dans l’Iran des années 80 avec Persepolis de Marjane Satrapi.

Avec
  • Irène Le Roy Ladurie Doctorante, thèse en préparation sur la place de la caresse dans les fictions érotiques et pornographiques dans la littérature et la bande dessinée contemporaines
  • Brigitte Findakly coloriste et autrice de bande dessinée
  • Delphine Minoui journaliste, grand reporter

Marjane Satrapi, qui a finalement renoncé à sa carrière de prophète pour devenir dessinatrice, est âgée de 31 ans lorsque parait le premier tome de Persepolis aux éditions de l’Association mais elle n’en a que 10 lorsque démarre le récit. Nous sommes en 1979 à Téhéran. La Révolution gronde, le régime du Shah s’apprête à tomber. C’est un moment historique.

Fille unique d’une famille plutôt aisée et progressiste, Marjane est une enfant curieuse et intelligente au caractère bien trempé. Fascinée par le monde des adultes elle supplie ses parents de participer aux manifestations et se console de leur refus en jouant à Che Guevara avec ses amis. Mais en 1980 le vent tourne. Le port du foulard devient obligatoire à l’école et c’est par cette première image, celle d’une petite fille au visage contrarié encadré de noir que s’ouvre Persepolis.

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Quatre tomes – tous publiés à l’Association - qui connaitront un succès mondial, renforcé en 2007 par son adaptation au cinéma par Vincent Paronnaud et Marjane Satrapi elle-même. Témoignage historique de la vie sous une dictature religieuse, récit intime d’une jeune femme qui cherche sa place et enfin histoire familiale où se côtoient militants communistes et princes Quadjars.. Tout cela est habilement mêlé dans Persepolis. Et c’est peut-être cela qui a fait la force de cet album majeur de la bande-dessinée des années 2000

Les extraits sonores sont tirés du film Persépolis, une adaptation animée de la BD, imaginée par Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud.

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Extraits de la discussion

Le genre autobiographique s'était bien développé dans les années 90 mais rares étaient les auteurs et les autrices qui prenaient l'Histoire à bras le corps. Marjane Satrapi, en racontant l'histoire de la révolution, de la guerre, puis de la vie après la guerre et sous une dictature, et grâce à son point de vue d'enfant et d'adolescente, rend finalement compte d'un récit assez universel.          
Irène Le roy Ladurie

Marjane Satrapi apprend à vivre avec cette culture de la double apparence : il y a ce qu'on fait à la maison, les parents qui boivent de l'alcool, les soirées interdites où elle retrouve ses copains et puis il y a l'extérieur, où il faut porter le voile, s'habiller de façon très prude, ne pas embrasser de garçons.. et elle, elle tente toujours de transgresser les interdits.            
Delphine Minoui

Pour coquelicot d'Irak, je ne voulais surtout pas romancer ma vie et rajouter des choses pour qu'une scène puisse paraître plus longue ou plus larmoyante, j'ai voulu mettre mes souvenirs tels quels, comme si j'étais assise à côté de quelqu'un et que je lui racontais. Comme dans Persépolis, il y a des événements politiques, mais c'est parce que je les ai vécus et qu'ils faisaient partis de ma vie. Ce que Marjane a vécu m'a souvent rappelé des éléments de ma propre enfance.          
Brigitte Findakly

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